Covid19 – (Dé)Confinés en milieu ouvrier : les jeunes témoignent (9)

Semaine du 25 au 31 mai 2020

Le déconfinement se poursuit en France et la JOC poursuit sa série de témoignages de jeunes confinés en milieu ouvrier ! Plus que jamais, il apparait indispensable de rendre visibles ces vies confinées et ces vies déconfinées à venir…  Au sein du mouvement, les jeunes sont nombreuses et nombreux à appréhender la période à venir : accès à l’emploi, étude, logement… Parce qu’elles et ils valent plus que tout l’or du monde, la JOC publie chaque jour sur son site (ainsi que sur Facebook, Twitter et Instagram) et depuis les débuts de cette crise sanitaire leurs témoignages. (Voir résumé des semaines précédentes au bas de cet article)

« On créé plus de liens avec les résidents que l’on voit, comme on voit toujours les mêmes. »

« Actuellement au boulot, je m’occupe du service des repas dans une maison de retraites, on suit les roulements habituels. J’avais eu quelques jours de congés. Je travaille en maison de retraite, on a eu pas mal de changement pour le confinement. On s’est adapté par rapport aux résidents et aux familles des résidents. Il n’y a plus de contact direct. Depuis peu, il y a un système pour que les résidents puissent voir leur famille, avec vitre interposée. C’est long pour les résidents, car ils n’ont plus de contact direct avec leurs enfants et leurs familles. Comme toutes les maisons de retraites il y a une salle commune pour les repas, mais là, elle est fermée… Ils mangent et restent dans leurs chambres. On essaye de casser la monotonie. Moi, je fais le service. Je fais le lien entre la cuisine et les résidents. Service 1 par 1, chambre par chambre. On a chacun un couloir attitré. On créé plus de liens avec les résidents que l’on voit, comme on voit toujours les mêmes. On a eu la chance de ne pas avoir de cas de Covid 19. Ça laisse plus de liberté aux résidents, ils sont libres de bouger dans leurs couloirs et dans les jardins. Il y a du stress pour les membres du personnel d’avoir le Covid et de le transmettre. Mais on a tous été testés et personne ne l’a eu.

J’ai un appart, je suis seul, mais avec le confinement je suis allé chez mes parents. Avec le travail, on a des attestations pour se déplacer. Je vois mes parents et mes frères et sœurs. Ma mère est à la retraite et mon père continue à travailler, il faisait du télétravail mais là il a repris physiquement. Il fait de la gestion de paye et finance dans une entreprise. J’ai un frère à Strasbourg et une sœur à Lille en chômage technique. Et un frère qui suit ses cours par internet et une sœur qui fait des études en communication. Elle a fait son stage en télétravail. Elle avait commencé sur l’entreprise avant le confinement. Le confinement permet plus d’échange en direct. On s’est créé un groupe Facebook pour continuer à échanger avec ma famille. Chez nous, pendant le confinement, on a gardé nos habitudes. On continue à jardiner, on fait un peu plus.

Au travail, avec le déconfinement, on est encore dans le flou… Vu que les résidents sont des personnes à risque. On attend de voir les mesures du gouvernement. On veut réduire le risque de contamination. Pour le moment, il faut rester confiné et aller au boulot jusqu’au 31 décembre. Mais si ça évolue bien, on s’adaptera, ça sera peut-être avant. Les résidents ont le droit à une visite de 30 min avec 2 personnes maximum.

En JOC, on garde le contact avec les copains de l’équipe. On s’appelle une fois par semaine par Skype. Vu que je travaille, je ne suis pas toujours disponible. Moi, j’ai de la chance de continuer à travailler, pour ne pas casser la routine. »

Paul, 27 ans, Armentières (59)

« Je suis donc en cours tout le temps… et plus que d’habitude »

« Je suis confinée depuis mi mars, je ne suis plus en stage. L’entreprise, une fonderie, est fermée sauf pour ceux qui travaillent en administratif. Vu que je suis en alternance (BTS Maintenance industrielle), je suis en chômage partiel. Je suis payé à 100% de mes heures. Pendant le confinement, je suis donc en cours tout le temps… et plus que d’habitude. Sinon, je sors dans les champs ou je m’occupe du jardin avec mon père, j’ai la chance de ne pas habiter en ville. Durant cette période, on revient à l’essentiel. On se rend compte de ce qui est important. Ma maman qui est secrétaire médical continue à bosser. Je n’ai pas trop de nouvelles des copains. Tout le monde est confiné… et plusieurs doivent passer des exams.

Sur la fédération, on a dû annuler la soirée jeux et ciné-débat que l’on avait prévu à cause du confinement. Avec mon équipe, on a le projet de partir au Togo pour un projet humanitaire. On a fait une vente d’orange en opération financière. On a avait prévu d’en refaire mais ça n’a pas été possible. On devait partir cet été mais là, on n’a pas suffisamment d’argent. A voir si on met de notre poche ou si on reporte à l’année prochaine. »

Sarah, Strasbourg (67)

« Nous sommes une équipe assez récente mais déjà près à faire des merveilles ! »

« Les trois premières semaines j’étais un peu déprimée, alors je me plongeais dans mes devoirs et Netflix pour regarder des séries et des films. Mais au fur et à mesure (au bout d’un mois) je pensais moins à mes amis (dans le sens où je m’occupais plus et donc pensais moins à eux) et je commençais à cuisiner des gâteaux ou je m’occupais dans mon jardin de mes fleurs, j’allais dans mon trampoline, j’allais voir mes poules…

Depuis le confinement et maintenant le déconfinement, je m’occupais de mon voisin qui est assez âgé et seul, alors je lui ramenais les œufs de mes poules ou quand je faisais des gâteaux je lui ramenais une ou plusieurs parts, bref je l’occupais lui aussi. Depuis le déconfinement, j’ai vu quelques amis (ma meilleure amie et mon meilleur ami), ma meilleure amie est venue chez moi et ensemble nous sommes allées en ville pour changer d’air.

J’ai commencé la JOC il y a de ça quelques mois avec une petite équipe, notre premier rendez-vous c’était bien passé alors j’ai continué à voir mes camarades de la JOC pour y préparer quelques petits projets. Le premier projet que l’on a fait consistait à ce que notre petite équipe de Saint-Quentin, explique à des enfants-adolescents ce qu’était la JOC, sous la forme de différents jeux. Nous avions d’autres petits projets mais avec les conditions sanitaires les projets ont dû être annulés. Nous aurons tout le temps de les faire plus tard. J’ai vraiment envie de continuer à faire plein de choses avec cette équipe. Nous sommes une équipe assez récente mais déjà près à faire des merveilles ! »

Jade, 13 ans, Saint-Quentin (02)

« C’était galère au début pour trouver de quoi manger. On n’avait pas une bonne situation… »

« Ça va ! J’ai pu aller voir ma famille. Le confinement je le vis bien. Je vais voir ma famille à Roubaix. Faut que je bouge c’est dur de rester chez soi. Sinon, je sors pour aller faire les courses à Auchan. On respecte les règles. On fait gaffe. Je suis les gestes barrières… masques, gants et gel dans le bus. Je suis une personne à risque. La semaine prochaine, on n’ira pas faire les magasins… Avec la famille on est un peu fragile… on préfère se protéger. Mes neveux et mes nièces ne retournent pas à l’école. J’ai toujours quelqu’un au téléphone, on est trop famille chez moi !

C’était galère au début pour trouver de quoi manger. On n’avait pas une bonne situation… Le Secours populaire nous a aidé. A l’appartement, on partage les factures. Je veux un nouveau travail pour avoir un nouvel appart avec Thobias mon copain. Ça fait un an que j’ai mon appart avec mon copain.

La semaine prochaine je reprends le travail dans mes boulots. Je ne sais pas si on sera protégé au travail, mais j’ai de quoi faire moi. Au Centre Social, où je fais de l’aide aux devoirs, ils ont tout désinfecté. Comme je ne travaille pas cet été, je vais commencer à postuler à des boulots pour avoir un vrai salaire : 1100 ou 1200 €.

Je n’ai pas été payé pendant le confinement. Je suis embauchée par la mairie mais j’ai un contrat tous les mois donc je n’ai pas été payée car je n’avais pas signé de contrat pour le mois d’avril. Je fais de l’animation dans une école et de l’aide au devoir au centre social. Si on me repropose après le confinement je dis non. Je chercherai ailleurs, ou il faut qu’on me propose autre chose. Je rêve d’être secrétaire, j’espère trouver. J’ai un bac en gestion administration. Les enfants me manquent mais c’est un contrat précaire que pour quelques heures… L’année dernière je touchais 1000€ par mois avec un service civique et mon boulot en plus.

J’ai essayé de faire le Ramadan. Ça me fait passer le temps. Pour manger, je prépare avec ma famille. J’essaye de faire avec ma cousine, c’est compliqué mais ça va. On mange de plus en plus tard. Je suis chrétienne mais j’aime bien le ramadan. J’aime bien l’ambiance en famille, on mange ensemble, on fait la vaisselle, on fait des jeux.

Pour le déconfinement, je dirais aux jocistes de prendre soin d’eux, et de respecter les gestes barrières ! Parce que c’est important ! »

Aurélia, 21 ans, Roubaix (59)

Lire aussi les témoignages des semaines précédentes :