Volontariat : trois étudiantes racontent leur expérience

Trois étudiantes, Jasmine, Stéphanie et Leslie Keita ont vécu une mission de volontariat ou de stage dans le cadre de leurs études. Elles nous racontent chacune leur expérience qui a enrichi leur parcours, mais aussi mes mauvaises surprises auxquelles il faut se préparer avant le grand saut.

Jasmine

A 27 ans, elle est partie 6 mois aux Philippines en tant que volontaires pour l’ONG « The RINJ [2]Foundation »  dans le cadre de son master « politique publique parcours action humanitaire internationale »

Peux-tu nous dire ce qui t’as motivé à t’engager dans un projet de volontariat ?
J’aime voyager et découvrir de nouveaux pays et leurs cultures. Ainsi j’ai effectué un stage aux Philippines dans une ONG reconnue par les Nations Unies, « The RINJ Foundation » qui a pour mission de lutter contre les agressions et violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. C’est une thématique qui m’intéresse particulièrement, ce qui m’a poussé, outre le plaisir de découvrir un pays jusque-là inconnu pour moi, à partir aux Philippines. Durant ce stage, mes missions étaient de procurer des articles sur différents sujets, d’entrer en contact avec les autorités pour enregistrer l’ONG au registre d’ONG aux Philippines. J’ai fait des programmes de prévention contre le VIH auprès de la population locale ainsi que des campagnes de sensibilisation.  J’ai dû être totalement autonome et indépendante professionnellement dès le début. En effet, ayant un effectif de 2 personnes, 3 avec moi jusqu’en avril, je me suis vite retrouvée face à moi même sans personne pour m’aider ou me guider, ce qui m’a vite obligé à prendre mes marques.

Avec cette mission de volontariat, qu’as-tu découvert sur toi, la société, … ?
En arrivant ici, j’étais particulièrement émerveillée par les différents paysages. Mais on revient vite sur terre. Partir en mission n’est pas partir en vacances… On voit les choses d’un angle différent.  De mon expérience, être une femme dans un pays comme les Philippines, gouverné par Duterte, un président qui plaisante sur les viols ou qui autorise les meurtres, n’est pas chose facile. On ne se sent jamais en sécurité et il faut faire attention à nos comportements car l’homme a tous les droits.
Parmi les personnes que j’ai eu la chance de rencontrer, j’ai pu beaucoup échanger et on constate vite que les femmes subissent les violences domestiques. Et porter plainte n’est que peine perdue, car la majorité n’a pas les moyens pour payer les frais de poursuite et même si elles y parviennent, l’agresseur peut l’épouser, ce qui vaudra l’annulation du procès…

Qu’est-ce que ça t’as apporté ?
Ce stage, dans l’ensemble, m’a permis de prendre du recul et de prendre conscience de la chance que j’ai d’avoir une famille, des amis qui m’aiment et d’avoir une vie plus que convenable. Cela m’a aussi permis de sortie de ma zone de confort et de me mettre aux défis. Et mon engagement pour cette cause n’a fait que croître encore plus.

Pour la suite, quelles sont tes envies ?
J’aimerais continuer à expérimenter d’autres volontariats, de missions humanitaires dans d’autres pays qui me sont encore inconnus pour pouvoir découvrir et apporter mon aide et mon soutien mais aussi pour améliorer leurs conditions de vie afin qu’ils aient aussi la chance que j’ai : être libre. Et un jour, j’espère pouvoir créer ma propre ONG.

Stéphanie

Elle a 24 ans et  est en master 2 de sociologie politique de l’international

« C’était dans mon projet professionnel et j’avais envie d’avoir une expérience à l’étranger. Je suis secrétaire générale d’une association qui lutte contre la traite des êtres humains. Je veille à la bonne marche de l’association dans la vie de tous les jours, c’est beaucoup de missions administratives. Je fais également de la traduction dans une asso étudiante qui lutte contre les crimes de masse et les génocides.

J’ai effectué un stage aux Philippines sur un programme de prévention au VIH. Ce stage m’a plus fait régressé (quand on va dans un pays toute seule, on est obligée d’avancer mais là j’étais avec une autre personne du coup je me suis laissée porter par elle et j’ai préféré rester dans ma zone de confort…). De plus, ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, je me pose des questions. Je me pose des question car on n’est pas soutenue, quand on propose des choses il n’y a pas de retour… J’ai aussi réalisé que j’avais plus d’attache que je ne le pensais en France.

J’ai observé la société d’un point de vue sociologique : on essayant d’avoir un maximum d’info et de sources différentes et ça c’est cool ! Je me pose aujourd’hui encore plus de questions sur mon avenir professionnel qu’en partant…

J’aimerais repartir à l’étranger pour un VIE ou trouver un emploi à Paris qui me permette de voyager dans le domaine des solidarités… »

Leslie Keita

Elle en master 1 de politique publique parcours action humanitaire internationale

« Il y a maintenant 4 mois, je réalisais dans le cadre de mon Master, un stage dans une ONG aux Philippines. Cette expérience fut  intense et enrichissante en tous points. Elle a totalement changé ma manière d’aborder et d’analyser nos sociétés. À l’origine j’étais à la recherche de dépaysement. En effet, étant française d’origine guinéenne. J’ai pu auparavant découvrir le continent européen et africain. Mais là, je voulais sortir de ma zone de confort et découvrir un autre continent, en l’occurrence l’Asie. Une autre culture, un autre environnement. Et ce fut le cas!  De sa végétation plantureuse en passant par ses multiples îles paradisiaques bordée, bien évidement, d’eau turquoise. Un climat tropical plutôt agréable. Les Philippines, regorge de paysages magnifiques !

Néanmoins,  j’ai vite fait abstraction de cet environnement illusoire face aux conditions de vie réelles aux Philippines. Nul n’est censé ignorer que le pays est au mains de celui qu’on surnomme le “Trump américain”, Rodrigo DUTERTE. Ce Mr est connu sur la scène internationale pour son régime autoritaire anti-criminalité et anti-drogue et ses déclarations misogynes. Petite anecdote glaçante, lors du viol suivit du meurtre d’une australienne aux philippines. Celui ci a déclaré : “ Mais elle étais si belle. Je regrette de ne pas être passé premier”.

On en vient désormais a ce qui bouleversé mon petit coeur tout fragile. L’association CAMÉLÉON, dans laquelle je réalisais mon stage et qui venait en aide aux jeunes filles (âgés de 6 à 21 ans) victimes d’abus sexuelles dans la région des Visayas. Je vivais avec elles dans le Centre. Elles sont actuellement au nombre de 50 et parmi elles se trouvent dans les cas les plus extrême (bien que le viol soit par essence quelque chose d’extrêmement horrible) : des anciennes prostitués, des victimes d’inceste, et des jeunes filles devenues mères et dont le père n’est rien d’autre que l’agresseur. L’association a donc pour objectif la protection, la reconstruction personnelle et la réinsertion des ces jeunes filles. Notamment, par le biais d’une thérapie par le Cirque. Celle-ci permet aux filles, de développer des compétences, d’avoir connaissance du des potentiels de leur corps. Et de ce fait, prendre confiance en elles, afin bien évidemment de pouvoir réaliser des performances de qualité. On est très vite subjugué lorsqu’on arrive au Centre par les talents des filles, aussi bien au cirque, en danse ou encore en chant. Quant à moi, ma mission au sein de l’association fut la co-rédaction en anglais du rapport d’activité annuel de l’association, ainsi que la mise place d’entraînements de basket-ball pour les filles. J’ai donc professionnellement pu améliorer mon niveau d’anglais et par ailleurs prendre confiance en moi dans la gestion et l’organisation de cours de Basketball. En bref, outre le fait que j’ai fais des rencontres extraordinaires, j’ai gagné grâce à ce stage hyper intense humainement, une détermination plus grande et un engagement plus fort à défendre les opprimés en particulier les femmes encore beaucoup trop discriminées dans le monde… »

[1] RINJ = « Rape Is No Joke » ou en français « Le viol n’est pas une blague »

Le volontariat c’est quoi ?

Quand on parle de volontariat il faut distinguer, le Volontariat de solidarité internationale (VSI) du Volontariat international en entreprise (VIE) ou en administration (VIA), ou encore du SVE (Service volontaire européen)

Le VSI permet de s’engager en la qualité de volontaire auprès d’associations agréées ayant pour objet des actions de solidarité internationale (par exemple, Enseignement, action sanitaire et sociale, information et communication, développement durable, gestion de projets, administration publique et territoriale, actions médicales d’urgence etc.). Il n’y a pas de condition de nationalité, ni de limite d’âge. Le VSI ne peut s’exercer qu’en dehors de l’Espace économique européen.

En savoir plus sur le VSI : ici

Les VIE et VIA quant à eux sont des missions professionnelles à l’étranger en bénéficiant d’un statut public protecteur, destinées principalement aux étudiants, jeunes diplômés ou des jeunes privés d’emploi. Ce sont de véritables expériences professionnelles qui peuvent déboucher sur une embauche !

Le SVE (Service volontaire européen), est financé par l’Union Européenne, ce sont des missions de 2 à 12 mois qui se déroulent à l’étranger (pays de l’UE et parfois ailleurs). « C’est une « rupture » avec son quotidien, son travail ou ses études : l’occasion de découvrir une langue, de s’engager et de travailler, de rencontrer des personnes différentes et de faire de nouveaux choix de vie. », d’après Concordia, une association qui accompagne les départs en SVE.

En savoir plus sur le SVE : ici

 

Des organisations pour vous accompagner dans vos projets de départ

Délégation Catholique pour la Coopération (DCC)

Lancement de la campagne de recrutement de volontaires (VSI) jusqu’à la fin de l’année 2018

À travers cette campagne, la DCC souhaite s’adresser principalement à trois types de publics :

  • les étudiants et jeunes actifs de plus de 21 ans, qui constituent la majorité des volontaires;
  • les personnes proches de l’Église, ou en adhésion avec ses valeurs;
  • les personnes engagées dans la solidarité, de tout âge, ici ou là-bas

Fondée en 1967, la DCC, ONG catholique de développement, est le service du volontariat international de l’Église en France. Présente dans cinquante pays, la DCC est le premier organisme d’envoi de volontaires en France. Elle accompagne chaque année près de 500 volontaires sur des missions de 3 mois à 2 ans. Ils agissent dans tous les domaines de développement et dans tous les types de métiers

Coordination SUD

Il s’agit de la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Fondée en 1994, elle rassemble aujourd’hui 164 ONG françaises travaillant dans la solidarité internationale. Une centaine sont membres via 6 collectifs : CLONG-Volontariat, Cnajep, Coordination Humanitaire et Développement, Crid, Forim, Groupe Initiatives. Les ONG membres mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations défavorisées, ainsi que des actions d’éducation à la citoyenneté et de plaidoyer.