Rassemblement européen des militants : témoignages

Du 24 au 29 juillet, près d’une cinquantaine de jocistes de France se sont réunis pour vivre le Rassemblement Européen des Militants à Porto. Ce fut l’occasion de faire connaissance avec les jocistes de l’Angleterre et Pays de Galles, la Catalogne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, dont les pays sont membres de la CIJOC.

Après un long périple en bus, les jocistes de France ont pu profiter de cette rencontre qui alternait un temps de Révision de Vie en petits groupes pour échanger sur l’avenir du travail et des temps de conférence. Ces conférences ont permis de se former à l’évolution du travail, à l’encyclique Laudato Si, au regard que porte la COMECE sur le travail mais aussi sur l’action de la CIJOC et de ses pays membres. La Révision de Vie, vécue par les jocistes, s’est clôturée par une action symbolique sur une place centrale de Porto. Après avoir noté leurs agirs sur des ballons, les jocistes des différents pays d’Europe ont entonné un chant commun pour redire qu’elles et ils participeront à la transformation de la société et continueront de défendre le travail ! Des temps prières et des célébrations eucharistiques ont également eu lieu.

Ce fut une expérience riche pour de nombreuses et nombreux jocistes français. Marion de la fédération de Lyon nous raconte : « Ce qui m’a plu pendant le REM c’est de voir la dimension un peu plus internationale de la JOC et de se dire qu’on n’est pas tous seuls. Que Militer c’est au quotidien, ce n’est pas que notre quotidien, mais le quotidien de plein de jeunes différents, qui sont aussi touchés par des problématiques liées à l’emploi. On a tous des problématiques qui se rejoignent, la situation des jeunes travailleurs elle questionne tout le monde dans chaque pays, on fait face aux mêmes soucis. J’ai appris sur la réalité concrète des jeunes travailleurs. En Angleterre, ce qui est très marquant, c’est que les jeunes avaient souvent droit au contrat 0h, aucune certitude pour le travail. En Espagne, ils devaient payer pour avoir des stages. En Espagne, grosse pbq autour de l’emploi et des études, c’était très courant que les jeunes travailleurs ont des hauts degrés de diplôme mais ils ne travaillent pas dans la branche où ils ont étudié.  Ca m’invite à parler plus de la JOC, en fait. On en a discuté, en disant qu’on avait vraiment l’ambition d’agir, que ça faisait partie de notre démarche. Un des agirs, c’est de parler de la JOC et d’amener des jeunes à rencontrer et découvrir la JOC, ça m’a vraiment confortée dans mon militantisme. Je crois encore plus à notre force d’action et qu’il faut inviter des jeunes à découvrir la JOC pour eux-mêmes. Ça me pousse à aller vers les autres pour dire « venez on va réfléchir, on va agir ».  Un de mes agirs, je vais diffuser l’enquête, il faut que je balance au max de copains l’enquête sur la liberté de choix et la réussite. »

Damien de la fédération de la Côte d’Or, lui, a été marqué par : « l’action symbolique, parce que ça nous réunissait autour des valeurs, de nos valeurs, ça réunissait tous les jeunes européens, autour de mêmes valeurs, ça a vraiment englobé tout le monde, rien que le fait qu’on accroche les ballons et qu’on se mette en dessous des ballons, c’était vraiment chouette. Cela m’a fait bizarre quand les autres m’ont dit : on a autant de chômage, nous aussi, on a du chômage dans notre pays. C’était vraiment une claque que je me suis pris un peu, ça m’a paru étrange. Qu’il y en ait autant ailleurs, je ne pensais pas, souvent on dit « ailleurs, c’est mieux ». Ce n’est pas parce que je change de pays que je vais tout de suite changer de travail. Voir que nous on se bat pour la protection sociale en ce moment, mais on l’a pour le moment. Dans d’autres pays, ça n’existe pas du tout. Pour la suite, ça m’invite vraiment à garder le cap sur la JOC. On a rien sans rien, si on ne se bouge pas, on ne peut pas avoir ce que l’on souhaite, même si d’autres personnes, des anciens disent que la jeunesse se plaint tout le temps, qu’elle demande ça ça ça, au final, c’est important que nos droits soient respectés et qu’on ait un max de choses qui rentrent entre notre faveur pour nous et futures générations. Le problème de l’écologie est devenu primordial, qui était aussi représenté au niveau européen. On est tous dans la même assiette, on n’a pas le droit, on ne peut pas militer en tant que jociste sans penser aussi un minimum à des règles environnementales, de nos actions et tout ce qu’il y a autour. »

Marlène, 94 Rives de Seine, est venue seule de sa fédération et de son équipe. « J’avais peur, j’avais dit à Janet « je vais me sentir seule, elle m’a dit t’inquiète la JOC c’est la famille, les liens vont se créer. ». C’était le cas, je n’ai pas eu besoin de mon équipe pour être à l’aise, parce que tout le monde est sympa. A l’aller, les jocistes c’était des amis, le retour c’était vraiment une famille.». Elle ne savait pas parler anglais, mais pourtant : « J’ai aimé le mélange de plusieurs pays, ils étaient sympas, c’est vrai qu’on ne se comprenait pas bien mais ça se lisait sur leurs visages qu’ils étaient contents qu’on se retrouve tous. Ce qui m’a plu, c’est les temps en carrefours, parce qu’on était au moins 4 pays. On a parlé de différents trucs et de la différence du boulot par rapport aux espagnols. Les gens ne sont pas vraiment pris en considération. Ils voulaient qu’on augmente leurs salaires et ils ne voulaient pas. L’anglais aussi, en Angleterre, c’est galère de trouver un travail, dès que tu as un travail il faut vraiment les garder, les employeurs te traitent comme de la merde. A l’église, la messe d’ouverture, j’étais vraiment à l’ouest, mais la messe de conclusion, c’était top, j’ai trouvé que c’était vraiment la messe de la JOC si tu veux, par rapport à la 1ère, j’ai senti que c’était vraiment une autre messe. Ils ont parlé de la Joc, c’était vraiment cool. ».

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Retour sur le Rassemblement européen des militants à Porto

 

Action symbolique à Porto.