Pétition : porter le cri des privés d’emploi

Le 30 mai 2018

La JOC (Jeunesse ouvrière chétienne), représentée par Lola Mehl, présidente de la JOC et Gaël Gaultier, secrétaire national aux jeunes privés d’emploi, s’est rendue ce jour à l’Elysée afin de remettre les plus de 10.000 signatures de la pétition « Emploi digne : un droit pour tous et toutes » et faire connaître les revendications des privés d’emploi.

Si le mouvement avait demandé à rencontrer le Président de la République, Emmanuel Macron, ce sont M. Mourin, conseiller sport, JO 2024, engagement associatif et M. Imbert, conseiller social au sein du Cabinet du Président de la République qui ont accueilli la délégation. Attentifs aux réalités des jeunes du milieu ouvrier et de quartiers populaires, les conseillers ont entendu les propositions de la JOC pour plus d’autonomie et d’accompagnement des jeunes vers l’emploi digne. Suite à cette rencontre, la JOC poursuit le combat et restera vigilante en portant la voix des privés d’emploi et les revendications issues du Cahier de Doléances.

La JOC a recueilli 10.574 signatures à sa pétition « Emploi digne : un droit pour tous et toutes». Diffusée d’abord sur le web via le site emploidigne.fr qui présente les 40 doléances, la majorité de ces signatures (84%) a été obtenue grâce aux militantes et militants de la JOC qui ont osé aller à la rencontre d’autres : dans leur réseau, dans la rue ou auprès de partenaires.

Cette démarche de rencontre, au cœur des pratiques de la JOC depuis 90 ans, a permis de sensibiliser la société quant aux réalités que vivent les jeunes privés d’emploi, de créer du débat. Faisant vivre son projet d’éducation populaire, la JOC a porté le cri des jeunes privés d’emploi, en touchant des milliers de citoyennes et de citoyens, partout en France.  Alors que la jeunesse est malmenée, tant par l’image qu’on renvoie d’elle que par les réformes actuelles, les militantes et militants de la JOC ont démontré qu’elles et ils savent s’organiser pour s’engager à la construction d’une société plus juste et fraternelle. Elles et ils se sont faits porte-paroles des jeunes privés d’emploi, pour être reconnus, entendus et revendiquer ainsi le droit d’accès à l’emploi digne pour tous et toutes, peu importe sa catégorie sociale.

Si cette pétition est une étape déterminante dans l’action de la JOC, elle ne sera pas la dernière. Le mouvement, à toutes les échelles, poursuit sa lutte pour défendre les privés d’emploi et leurs droits. La JOC nationale se mobilise pour porter les revendications et propositions aux décideurs et partenaires. Partout en France, dans les fédérations, des Comités de jeunes privés d’emploi se développent. Des lieux où les privés d’emploi trouvent une écoute et cherchent à agir collectivement bien au-delà des situations individuelles.

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Porter le cri des privés d’emploi

Après la réforme de l’Assurance chômage qui prévoit de renforcer le contrôle des chômeurs et des chômeuses plutôt que l’accompagnement, le gouvernement projette de revoir les aides sociales, soit en révisant les critères d’attributions ou en baissant les montants. L’objectif est clair : « réduire la politique sociale sur l’emploi »*. Une nouvelle fois, les plus petits, les plus pauvres, les privés d’emploi sont désignés coupables. C’est encore à elles et eux que l’on demande de se serrer la ceinture. Il n’y a désormais plus aucun doute : l’économique a pris le pas sur l’humain, la pensée libérale domine, rognant pas à pas la dignité des femmes et des hommes.

Comment est-il encore possible de croire au mythe du « quand on veut on peut » ? Comment pouvons-nous croire à une société plus juste quand elle est basée sur la méritocratie ? Les responsables politiques nous envoient un signe fort : les plus petits, celles et ceux qui n’ont pas su prouver leur employabilité, leur rentabilité, n’ont pas d’autre issue que d’être dominés par une classe politique et économique qui les méprise.

En JOC, nous voyons des jeunes privés d’emploi qui luttent, corps et âme, pour pouvoir trouver leur place dans le monde du travail. Une lutte qui les abîme à force de portes fermées et qui met en doute leurs capacités, leurs talents. Issus du milieu ouvrier et des quartiers populaires, ne disposant pas du bon réseau pour faire jouer leurs relations. Nous savons aujourd’hui que ce n’est ni de leur fait, ni de leur volonté. Elles et ils n’ont qu’une aspiration : s’épanouir par un emploi digne.

En JOC, nous croyons qu’un jeune travailleur, une jeune travailleuse vaut plus que tout l’or du monde. Les privés d’emploi sont ces travailleurs et travailleuses mis à l’écart, dépossédés de leur capacité d’action, devenant les premiers fautifs d’une injustice sociale. Comment peuvent-elles et ils continuer à croire à une vie digne face aux attaques qui sont faites à l’assurance chômage, aux aides sociales, à l’orientation avec la réforme du bac et de l’université, et de manière plus globale, à nos services publics ? Voulons-nous d’une guerre économique qui broie la vie de ces jeunes, où elles et ils sont mis en concurrence, doivent faire leur place, leurs preuves coûte que coûte ? A la JOC, nous croyons que d’autres choix sont possibles : mettre l’humain au cœur de notre société plutôt que le « Dieu argent ».

Depuis deux ans maintenant, des Comités de Jeunes Privés d’Emploi apparaissent sur tout le territoire. Les jeunes privés d’emploi s’organisent, montrent leur capacité, leur volonté d’être toujours debout, en créant ces lieux de libération de la parole, de solidarité et de revendications pour agir collectivement. Par cette action, la JOC leur redit qu’elles et ils ne sont pas fautifs mais que c’est tout un système à démanteler pour que la dignité humaine ne soit pas une surprise gagnée à la loterie, mais une réalité pour tous et toutes.

*Paroles de Bruno Lemaire, ministre du Budget

Lola MEHL
Présidente nationale