En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite : idée n°5

Nous poursuivons notre campagne en vue des élections régionales de dimanche en décortiquant les discours de l’extrême droite avec une nouvelle idée reçue.

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 » On devrait systématiquement faire jouer la préférence nationale en matière d’embauche, de logement et d’aides sociales. »

 » Derrière cette connotation positive de « préférence » se cache un principe discriminatoire et anticonstitutionnel. la République française est un socle qui ne pose aucune différence  de droits entre les femmes et les hommes qui vivent sur son territoire. Qui plus est cette logique de préférence nationale s’inscrit dans la vision d’une économie en pénurie et non d’une croissance retrouvée et d’un partage des richesses produites par le travail, quelles que soient l’origine ou la nationalité des travailleurs. cette démarche raciste et xénophobe n’a qu’un but :  retirer leurs droits économiques et sociaux aux étrangers pour leur enlever toute perspective d’intégration, leur signifiant ainsi que leur « vocation naturelle » est de retourner dans leur pays d’origine. Surtout, elle permet de dédouaner le grand patronat de ses responsabilités en matière d’emploi, de rémunération de formation. Pourtant, l’écart entre, d’un côté, les dividendes versés aux actionnaires et les remboursements d’emprunts, et, de l’autre, les investissements productifs et investissements d’emplois et de salaires, ne cesse de croître au détriment des seconds.

Résumer les problèmes réels d’accès à l’emploi et au logement à la concurrence entre étrangers et nationaux est un leurre. La vrai question est de comprendre pourquoi  la garantie de ces droits à tous n’est pas effective alors qu’ils sont juridiquement institués. Dans son livre L’accès aux droits sociaux, Philippe Warin fait un parallèle entre le développement des réformes de la protection sociale en France et le non-recours aux prestations sociales auxquelles la plupart des Français ont droit. Pour lui, c’est le durcissement de leur accès, dans le but avoué de limiter la dépense publique, qui a découragé bon nombre de bénéficiaires d’en faire la demande. Provoquant, in fine, le repli sur soi, la peur de l’autre et la dislocation du lien social. Ce n’est donc pas la mise en place d’une quelconque « préférence nationale » qui permettra de ressouder ce vivre-ensemble indispensable au bon équilibre d’une société, mais bien l’accès de tous aux droits, à commencer par le droit du travail.

 

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« En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite », par Pierre-Yves Bulteau aux éditions de l’Atelier