La CIJOC à la conférence internationale du travail

Le 28 mai 2018

Lundi 28 mai débutait la conférence internationale du Travail débutait à l’OIT (Organisation internationale du travail) dans les locaux de l’ONU à Genève. Les gouvernements, les employeurs et les représentants des employés ont deux semaines pour travailler ensemble autour de 3 thématiques :

  • violence et harcèlement dans le monde du travail
  • coopération efficace pour le développement
  • dialogue social et tripartisme (coopération et dialogue entre gouvernement-employeurs-employé.e.s)

La JOC de France représentée par Floriane Rodier (Secrétaire nationale à la formation)  participe à la délégation de la Coordination Internationale des JOC (CIJOC) aux côtés de la JOC du Portugal et du secrétariat international. Elle nous livre chaque jour le récit de cette conférence.

Au programme : ouverture officielle (avec le Ministre du Travail Jordanien qui préside cette conférence Internationale du travail) et suivi de la commission violence et harcèlement dans le monde du travail.

Objectif de cette 107eme conférence internationale du travail : mettre fin à toutes formes de violences au travail (physiques, morales…), promouvoir l’égalité de tous les travailleurs et travailleuses au travail, viser le développement durable, favoriser le dialogue social.

Objectif de la commission sur les violences et le harcèlement dans le monde du travail : rédiger une convention internationale pour définir les termes « violence » et « harcèlement » de manière claire, proposer des solutions pour la prévenir ces violences et protéger les travailleurs et les travailleuses dans le monde du travail, donner les moyens à tous les États de les mettre en place.

Mardi 29 mai

– rencontre avec les mouvements chrétiens et le Père Pierre Martinot-Lagarde, jésuite, qui est conseiller du Bureau International du Travail (BIT) sur les questions socioreligieuses.

– retour à la commission « violence et harcèlement dans le monde du travail ». Échanges entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des employés pour définir un peu mieux leur travail. Voici une phrase d’un des représentants des travailleurs : « souvent dans les législations des États, on ne parle que des conséquences des violences et du harcèlement au travail, mais pas de l’intention du harceleur. » Certains ont l’ambition de proposer une convention qui fasse réellement changer les choses dans les Etats, d’autres souhaitent quelque chose de plus souple, avec simplement des recommandations, mais pas d’obligation. Affaire à suivre…

– rencontre entre les organisations chrétienne et le Nonce Ivan Jurkovič, qui est un représentant du Pape au sein de l’OIT. Nos échanges ont portés sur l’importance de notre travail en tant qu’associations et ONG pour faire bouger les choses et faire entendre la voix des plus précaires. Nous avons rappeler que l’absence de travail n’est pas qu’une question d’argent mais bien des droits qui sont bafoués, et c’est cela qui prive de dignité. Nous avons également parlé de la migration et de ses impacts sur la vie des personnes humaines.  »

Mercredi 30 mai

Pour bien démarrer la journée, nous avons commencé par un séminaire organiser par le CCIG  (Centre Catholique International de Genève) : repenser le dialogue social à l’heure de la mondialisation et de l’informatisation. La JOC de France a pu témoigner de son travail et son engagement avec les jeunes travailleurs et travailleuses migrants. Savais-tu que dans le monde, 60% des travailleurs exercent un travail illégal ?

Cet après-midi : retour à la commission sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Les débats ont été riches autour des amendements proposés autour du travail commencé : violence et harcèlement… Doit-on les définir séparément ou prendre ces deux notions comment un ensemble ? Doit-on parler de lieux de travail ou de monde du travail ? Comment définir violence et harcèlement au travail ? Les représentants des employeurs, des travailleurs et des gouvernements n’ont pas toujours le même avis, mais ils arrivent à avancer ensemble ! L’OIT est la seule organisation internationale à faire vivre le dialogue social à une si grande échelle… Et ça marche !

Jeudi 31 mai

Nous avons commencé la journée par une réunion entre les organisations catholiques pour refaire un point sur les échanges qui se vivent dans 3 commissions de la Conférence : « violence et harcèlement au travail », « dialogue social et tripartisme » et « pour une action efficace de l’OIT en faveur de la coopération pour le développement ». Un constat s’impose : ces dernières années, de nombreuses nouvelles formes de travail sont apparues, et cela implique de nouvelles difficultés pour les travailleurs et travailleuses.

Nous avons ensuite été en séance « plénière », en assemblée générale en quelque sorte, pour écouter des prises de paroles autour du rapport de l’OIT rédigé par le directeur général de l’OIT. Nous avons notamment entendu Mme Passchier, qui fait partie des représentants des travailleurs pour les Pays-Bas. Elle a notamment dit : « nous devons permettre aux femmes et aux hommes d’exprimer leurs talents et leurs compétences » elle a également rappelé qu’il ne fallait pas « réparer » les femmes mais les services pour permettre aux femmes d’accéder à l’emploi décent au même titre que les hommes, sans les pousser à choisir des emplois partiels pour avoir une vie décente (accès aux soins, horaires de travail…). Pour elle, la réduction du temps de travail et une meilleure organisation des horaires de travail (ex. connaître ses horaires plus longtemps à l’avance) permettraient des conditions de vie décentes pour tous et toutes. Beaucoup de propositions de son discours rejoignent celles de notre cahier de doléances (si tu ne l’as pas encore regardé, tu peux le retrouver ici : www.emploidigne.fr)

Retour à la commission de travail sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail, où les représentants des travailleurs, des employeurs et des gouvernements ont continués leur travail pour avancer dans leur proposition.

Pour finir, retour en assemblée plénière pour écouté les discours des organisations non gouvernementales, dont Sarah, présidente internationale de la JOCI (jeunesse ouvrière chrétienne internationale – à ne pas confondre avec la CIJOC, coordination internationale des JOC, à laquelle la JOC de France est adhérente. Mais JOCI et CIJOC sont toutes deux issues de la JOC de Belgique). Sarah a notamment rappelé qu’ : « il y a pas assez de sécurité sociale dans le monde, et là où elle était forte, elle s’effrite aujourd’hui à cause de la précarisation des emplois »

Vendredi 1er juin

Dernier jour à l’OIT : le groupe des représentants des travailleurs pour la commission de travail sur « la violence et le harcèlement dans le monde du travail » continue de regarder les amendements de tous les groupes pour préparer leur positionnement pour le temps de travail avec tous les groupes qui va suivre. On refait un petit tour dans la salle d’assemblée générale pour écouter quelques discours, dont celui du Président de la République de Colombie, M. Juan Manuel Santos Calderón. Nous concluons la journée (et notre séjour) par une réunion bilan avec les autres organisations chrétiennes autour de notre travail en commun et des projets ou points de vigilance à avoir pour la future conférence internationale du travail qui aura lieu l’année prochaine, pour les 100 ans de l’OIT !