Assurance chômage : l’accompagnement plutôt que le contrôle !

Communiqué de presse, le 10 janvier 2018

Ni fainénant.e.s, ni fraudeur.se.s : privé.e.s d’emploi ! A la veille du démarrage des négociations sur l’Assurance chômage, la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) s’inquiète de la tournure que pourraient prendre ces dernières. La note publiée par Le Canard Enchaîné fin décembre et qui révèle la volonté du Gouvernement et du Ministère du Travail à durcir le contrôle des chômeurs et chômeuses, est une attaque de plus vis-à-vis des privé.e.s d’emploi qui n’ont pas choisi le chômage et la précarité.

Préférant s’attaquer à une minorité plutôt qu’au fléau qu’est la privation d’emploi, dû au chômage de masse, « le Gouvernement se trompe de cible, estime Lola MEHL présidente de la JOC. Le vrai problème aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas d’emploi pour tout le monde. On n’agit pas contre le chômage en culpabilisant et en sanctionnant celles et ceux qui sont privé.e.s d’un emploi digne ! ».

« La série d’attaques contre les privé.e.s d’emploi soupçonné.e.s de profiter du système est une atteinte supplémentaire aux plus précaires d’entre nous, rappelle Lola MEHL. En stigmatisant les privé.e.s d’emploi, on voudrait nous faire croire, que si ces personnes ne travaillent pas, c’est qu’elles ne font pas assez d’efforts. C’est sournois : la vieille mélodie du « quand on veut on peut » ne fonctionne pas, l’égalité des chances reste un mythe. »

Par ailleurs, la tournure que prend cette réforme de l’Assurance chômage pourrait remettre en cause le sens premier de Pôle emploi : l’accompagnement vers l’emploi ! Le contrôle accru, qui s’apparente à une vraie mise en sursis vis-à-vis de leurs droits, ne remplacera jamais un accompagnement de qualité pour les privé.e.s d’emploi. C’est bien l’accompagnement vers l’emploi qui doit se déployer pas le contrôle.

45 % des 15-24 ans en Zones urbaines sensibles sont privé.e.s d’emploi : les contrôler davantage ne leur donnera aucune perspective rassurante. 70% des jeunes interrogés par la JOC estiment qu’avoir un CDI est la principale clé pour accéder à un emploi digne*. Répandre l’idée selon laquelle les chômeurs et chômeuses profiteraient du système est une insulte à celles et ceux qui se voient toujours refouler aux portes de l’emploi et de l’insertion. L’accès au premier emploi est un vrai parcours du combattant pour les jeunes du milieu ouvrier et de quartiers populaires : privé·e·s de réseau, de mobilité, de ressources.

En avril dernier, des milliers de jeunes ont participé à la rédaction d’un Cahier de Doléances : 40 propositions pour un emploi digne y sont déclinées. Sur la base de ce document, une pétition est lancée pour faire reconnaître le terme « Privé.e.s d’emploi » et les propositions pour un emploi digne.

Les 40 doléances et la pétition sont à retrouver sur : www.emploidigne.fr

*Insee, 2012
*Enquête de la JOC « Emploi digne et autonomie des jeunes », janvier 2016

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