7 octobre : journée mondiale du travail décent

7 octobre 2020

Par la Mission ouvrière, l’Action Catholique Ouvrière, la Mission de la Mer et la Jeunesse Ouvrière Chrétienne

Plus que jamais, agir pour un travail décent

Télécharger le texte

Ce 7 octobre 2020 se déroule la 13e édition de la Journée mondiale pour un travail décent. La première édition de cette journée remonte à 2008. À l’époque, la planète était traversée par une crise financière d’ampleur qui menaçait l’avenir de millions de travailleurs dans le monde.

Cette année, c’est une crise sanitaire inédite qui nous plonge dans l’incertitude. Aujourd’hui encore, le caractère mondial de cette crise nous rappelle que nous sommes toutes et tous embarqués dans le même bateau. Depuis le printemps, des centaines de millions de personnes, notamment des femmes et des jeunes du secteur informel, ont perdu leur emploi. Beaucoup se retrouvent sans revenus, sans protection sociale. Des multinationales n’ont pas honoré leurs commandes et leurs engagements, et ont privé de revenus les travailleurs sous-traitants. Ailleurs, des cadences épouvantables ont été imposées pour produire les masques et le matériel médical des pays dits riches, que les politiques libérales ont placé en pénurie.

On nous annonce que le pire est peut-être encore à venir. Nous sommes nombreuses et nombreux sur la planète à craindre non seulement pour notre santé mais aussi pour notre emploi et pour nos droits. Partout en effet, patronat et certains gouvernements ont saisi l’occasion de la crise sanitaire pour remettre en cause les droits des travailleurs et des législations sociales.

Plus que jamais, donc, en ce 7 octobre,
il nous semble important de rappeler la nécessité d’un travail décent !

Nos mouvements accueillent et rassemblent des hommes et des femmes engagé·es auprès des travailleuses et travailleurs, et dans les milieux populaires. Ils se font l’écho de leurs attentes et de leurs combats pour plus de dignité.

  • Nombreux sont celles et ceux qui ont travaillé en première ligne et qui demeurent invisibles, qui demandent à être reconnus, notamment en termes de salaire. Beaucoup de jeunes de moins de 25 ans, qui ont perdu brutalement leur travail, se retrouvent alors privés de revenus. Accorder l’accès au Revenu de Solidarité Active pour les moins de 25 ans, comme le proposent de multiples organisations de jeunesse, c’est agir pour la dignité des jeunes. Un travail décent, c’est aussi un revenu décent.
  • La précarité, le chômage, surtout dans ce contexte de crise, appelle plus que jamais à protéger les travailleurs, qu’ils aient ou non un emploi. Pas de travail décent sans véritable protection sociale.
  • Cette crise nous rappelle qu’il est important pour le monde du travail de s’organiser pour se défendre et gagner des droits. Ces derniers mois, il a fallu agir pour pouvoir travailler dans des conditions de sécurité suffisante. Alors que beaucoup ont souffert d’une obligation de télétravailler sans véritable cadre, en devant composer avec des obligations familiales ou des conditions de logements difficiles, on voit que s’impose aujourd’hui l’exigence de ne pas être soumis tout le temps et partout aux exigences de la rentabilité. Le travail décent, ce sont des conditions de travail dignes. C’est aussi le droit à la déconnexion.

« Pas de travailleurs sans droits ! » a affirmé le Pape François aux mouvements populaires, lors d’une rencontre le lundi de Pâques de cette année, en pleine crise du Covid-19. Plus que jamais, nous pensons nous aussi qu’il y a encore des droits à défendre et à gagner. Plus que jamais, la dignité de la personne doit prévaloir. Plus que jamais, un travailleur vaut plus que tout l’or du monde !