Stop talking Act Now !

23,5 % des jeunes Européens sont au chômage (25 %) en France. Près de la moitié des jeunes actifs occupent des emplois précaires. 14 millions des jeunes de 15 à 29 ans en Europe sont sans emploi ni formation et hors système scolaire, souvent sans aucune protection sociale. Ces chiffres donnent à voir une réalité scandaleuse pour laquelle il est plus qu’urgent d’agir !

Le 12 Novembre dernier se tenait à Paris le Sommet européen pour l’emploi des jeunes. À l’initiative de François Hollande. Ce sommet a pour but de suivre les décisions déjà prises en Allemagne lors du premier sommet européen pour l’emploi des jeunes en juillet 2013.

En effet l’été dernier, les 24 chefs d’Etats européens, avaient décidé de construire ensemble une nouvelle politique pour l’emploi des jeunes. Cette politique qualifiée à l’époque de « new deal européen » par les journalistes, se base essentiellement sur la mise en place de la garantie pour la jeunesse décidé par le Conseil de l’UE en février 2013. Cette garantie est définit comme ceci : « Tous les jeunes de moins de 25 ans qui perdent leur emploi ou ne trouvent pas d’emploi après avoir quitté l’école doivent se voir offrir un emploi de qualité, un enseignement continu, un stage ou un apprentissage endéans les quatre mois. »

Certains dont la France se sont déjà lancés dans le projet. Tous les pays devront avoir déposé leur « plans de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse » à l’Europe avant la fin de l’année.

Pour soutenir ce dispositif, 6 milliards d’euros ont déjà été mis sur la table lors du sommet de juillet. L’Organisation Internationale du Travail (OIT), estime qu’il faudrait 21 milliards d’euros pour assurer la mise en place efficace de la garantie pour la jeunesse. Soit environ 0,5 % des dépenses de la zone euros. A titre de comparaison, actuellement le chômage des jeunes engendre 1,2 % du PIB européens de dépense par an pour les états. L’investissement décidé ne permettra donc pas de mettre en place correctement cette politique.

Le comité jeune de la conférence européenne des syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, UNSA pour les membres français) et le forum européen de la jeunesse (dont la CIJOC est membre) ont organisé un contre-sommet en marge de celui des chefs d’état pour les interpeller. Le mot d’ordre était simple « Arrêtez de parler, agissez maintenant ! » (Stop talking, act now !). Ils ont demandé le déblocage des 15 milliards d’euros manquant ainsi qu’un plan de relance européen pour créer de l’emploi.

Force est de constater que rien de nouveau n’a été décidé lors de ce sommet. Un consensus a été trouvé autour de trois domaines d’actions prioritaires : la formation et l’apprentissage, l’insertion professionnelle et la création d’entreprises.

Les syndicats et le Forum Français de la Jeunesse attendaient des actes politiques forts pour la création d’emploi en Europe, préalable essentiel à la « garantie jeune ».

Encadré
Participation au contre-sommet et contribution écrite aux travaux, le message de la JOC à l’occasion du sommet européen pour l’emploi des jeunes est clair : « L’emploi des jeunes est une nécessité […] pour l’avenir et la cohésion de la société française. Il faut donc faire de l’embauche durable des jeunes un objectif des politiques publiques mais aussi des structures privées. Il en est de la responsabilité sociale et citoyenne de tous ». De plus la JOC exprime son scepticisme sur les mesures spécifiques jeunesse fragilisant le vivre ensemble par la mise en concurrence des générations dans un marché de l’emploi sous tensions. La JOC affirme sa vision de la garantie jeune comme un droit à l’éducation/formation tout au long de la vie. Chaque jeune dispose dès l’entrée dans le système scolaire (arrivée en primaire) d’un capital initial de formation de 20 années, garanti par l’Etat en assurant le financement des formations, la rémunération et les droits sociaux des actifs qui se forment.