Priorité Jeunesse : Lettre ouverte à Manuel Valls

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Le vendredi 3 juillet dernier, se déroulait le Comité Interministériel de la Jeunesse (CIJ) lors duquel le gouvernement devait acter et annoncer les grandes orientations de sa Priorité Jeunesse pour l’année. Ceci, afin de « faire en sorte que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012 ». Malheureusement, force est de constater que le gouvernement n’a pas été à la hauteur des attentes et besoins des jeunes.

C’est ce qu’a voulu exprimer le Forum Français de la Jeunesse, dont la JOC est membre, dans une lettre ouverte au Premier Ministre

La situation est très préoccupante pour les jeunes aujourd’hui :

-1 jeune sur 5 de 18 à 29 ans vit sous le seuil de pauvreté (INSEE – 2012),
-30 % des jeunes déclarent ne pas avoir de complémentaire santé ou ne pas savoir s’ils en ont une (Observatoire de la santé UNHAJ – 2014),
-7 jeunes sur 10 connaissent des difficultés d’accès au logement (Observatoire de la Jeunesse Solidaire AFEV – 2015) et
-67 % des 18-25 ans ne se sentent pas pris en compte dans la société française (Animafac – 2013),

Le FFJ, propose des actions concrètes à mettre en place dès aujourd’hui.

-Instaurer dès aujourd’hui la “Clause d’impact jeunesse” :
Portée par nos organisations depuis début 2013, cette clause permet la prise en compte effective des jeunes dans les décisions politiques en estimant, avant leur validation, les conséquences sur les jeunes de tous les textes législatifs et réglementaires. Elle est alors indispensable à un réelle Priorité Jeunesse. Annoncée par le gouvernement début 2014, promise par François Hollande le 6 mai 2015 et présente à nouveau dans le document du CIJ 2015 sans engagement sur la date de son entrée en vigueur, cette Clause ne pourra être mise en place qu’avec votre validation de la circulaire prête depuis un an. Nous demandons alors dès aujourd’hui votre signature, afin que la Clause d’impact jeunesse soit effective à la rentrée de septembre.

-Permettre à tous les jeunes de disposer d’une complémentaire santé :

Trois ans après l’engagement du gouvernement sur la généralisation de la complémentaire santé (mutuelle) d’ici 2017 et un mois après les annonces du Président de la République visant à améliorer son accès aux personnes retraitées, les jeunes sont aujourd’hui les grands oubliés. En effet, en fonction de leur situation, ils sont rattachés au Régime étudiant ou à une caisse de Sécurité sociale ou bénéficient de la CMU… Âge, statut, contrat de travail et relation aux parents sont les critères qui définissent une place complexe dans la galaxie des aides et amènent un grand nombre de jeunes à se passer de complémentaire santé. Alors que 40 % des 18-39 ans déclarent avoir renoncé ou reporté des soins médicaux en raison de difficultés financières au cours de l’année (contre 22 % des 60 ans et plus – Baromètre santé & société CSA/Europ Assistance 2013), aucune solution ne leur est proposée. Il est urgent de clarifier la situation en offrant une réponse commune à tous les jeunes. Nous demandons la mise en place d’un chèque-santé national pour tous les jeunes de moins de 30 ans, leur garantissant l’accès à une complémentaire santé autonome et ainsi à une gestion pleine et entière de leur santé. Ceci pouvant également passer par l’élargissement d’ampleur des critères d’accès à la CMU, CMU-C et l’ACS et l’automaticité systématique. Par ailleurs, au-delà de refuser de nous rencontrer depuis 2 ans malgré nos sollicitations, l’absence de la Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des femmes Marisol Touraine a été remarquée lors du Rendez-vous de la Jeunesse d’Avignon et du CIJ, alors que les questions de santé y tenaient une place importante.

– Permettre à tous les jeunes d’accéder à un logement autonome :

Après le recul effectué par le gouvernement sur la GUL, qui représentait une politique pertinente, une dispersion est réalisée sur plusieurs dispositifs complexes. Le dispositif CLÉ a été créé pour les étudiants mais son obtention est complexe et peu lisible. Le dispositif VISALE, qui sera instauré début 2016, intégrera les jeunes salariés (sous réserve d’entrer dans l’emploi et dans le logement en même temps, de ne pas travailler en CDI ou dans le secteur public). Ces dispositifs écartant tous les autres jeunes (apprentis, volontaires, chômeurs, jeunes ni en emploi ni en formation, etc.), ils ne constituent pas une réponse exhaustive et pertinente. Par ailleurs, alors que les jeunes des 5 Rendez-vous de la Jeunesse ont exprimé la nécessité d’une simplification, le gouvernement envisage la création d’un troisième dispositif adressé aux jeunes non pris en charge par la CLÉ et VISALE. Devant la complexité des solutions proposés et leurs critères d’accès, nous demandons la mise en place de la Garantie Universelle des Loyers qui avaient été actée et permet de prendre en compte tous les jeunes.

-Faire de la Garantie jeunes un droit pour tous les jeunes qui en ont besoin, et non le privilège d’une partie d’entre eux :

Alors qu’entre 1,9 million de jeunes en France ne seraient ni en emploi, ni en formation, ni en étude (Conseil d’analyse économique – 2013), le gouvernement s’est fixé l’objectif de 50 000 jeunes en Garantie jeunes en 2015 et 100 000 en 2017. Au vu du nombre de jeunes qui en ont besoin et des retours positifs sur les impacts de ce dispositif alliant un accompagnement et une garantie de ressources, le gouvernement doit impérativement renforcer ses engagements. Il faut faire évoluer la Garantie jeunes vers un droit pour l’ensemble des jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en études, en élargissant ses critères d’accès, en renforçant les moyens humains et financiers dédiés et en annonçant des objectifs ambitieux et contraignants garantissant le développement de la Garantie jeunes sur le long terme.

La lettre en PDF