Portrait : Adèle, de jeune ambassadrice à jeune éducatrice ?

photo adèle_jeuneambassadrice_articleAdèle, 19 ans, rêve de devenir éducatrice de jeunes enfants, mais la route est longue pour y parvenir…

L’année dernière, elle passe pour la première fois le concours pour entrer en formation, elle est recalée. On lui reproche son manque d’expérience.

En parallèle de son concours, elle étudie la psychologie à la fac. « Je suis allée en psycho pensant que ça m’apporterait les connaissances dont j’avais besoin. Je me suis vite rendue compte que le système de la fac n’était pas fait pour moi. J’ai besoin de concret, de vivre dans l’action. »

Décidée à continuer son projet professionnel, elle cherche comment obtenir l’expérience qu’on lui demande.

« J’ai entendu parler des jeunes ambassadeurs des droits de l’enfant (JADE), gérés par les délégués du Défenseur des droits (une autorité constitutionnelle indépendante chargée entre autres de la lutte contre les discriminations, la promotion des droits de l’enfant…). Je me suis dit que ça pourrait, peut-être, m’apporter l’expérience qu’on me demande pour mon concours.

Adèle prend son courage à deux mains et assiste à une première réunion d’informations. Emballée par ce projet, elle postule pour faire un service civique, passe un entretien et est retenue. En octobre elle démarre sa mission de Jeune Ambassadrice des Droits de l’Enfant. « J’ai d’abord eu une formation théorique sur les droits et le développement de l’enfant, puis une formation pratique en centre de loisirs. C’est une chance d’avoir eu cette formation, nous sommes bien suivis, on n’est pas lâché dans la nature. Je sais que ce n’est pas le cas dans tous les services civiques. »

Sa mission lui plaît. « Sur Grenoble, nous sommes 4. On travaille en binôme. Notre travail consiste essentiellement à aller faire des interventions dans les collèges, les centres de loisirs, les instituts spécialisés pour parler avec les enfants et les jeunes des droits de l’enfant. Nous sommes chargés de démarcher des collèges, de préparer nos interventions. Ce que j’aime, c’est la confiance qu’on nous fait, nous sommes autonomes, nous avons notre propre bureau. Nous sommes libres de construire nos interventions comme on le souhaite.

Ma première intervention, c’était avec une classe de 5ème. J’appréhendais un peu. J’avais peur de ne pas gérer le temps et de paniquer mais ça s’est bien passé. Les élèves nous ont posé plein de questions et sont repartis contents. On essaye d’avoir une autre approche que les profs.

Souvent, adultes, jeunes et enfants connaissent les droits de l’enfant de façon superficielle. Notre rôle c’est de creuser pour aller plus loin. Par exemple, on s’intéresse aux institutions qui défendent ces droits.

Être jeune ambassadrice des droits de l’enfant, cela m’apprend à rentrer en contact avec d’autres que ce soit les personnes avec qui je travaille, les profs dans les collèges, les élèves. Cela m’apprend aussi à prendre des initiatives pour préparer mes interventions.

Je suis heureuse d’avoir trouvé ce service civique au sein de JADE, cela m’ouvre un réseau et des connaissances de ce domaine. J’ai appris beaucoup de choses sur moi-même, sur mon projet. Je me sens plus sereine pour me former au métier d’éducatrice de jeunes enfants. »

Adèle s’est réinscrite pour passer son concours. C’est boosté par cette expérience, qu’elle s’y présentera ce mois-ci. Nous lui souhaitons une bonne route sur le chemin de son projet professionnel !