Dossier : Mal-logement , les jeunes payent le prix fort !

cdiLa fondation Abbé Pierre vient de présenter son rapport 2015 sur l’état du mal-logement en France. Plus de 3,5 millions de personnes sont touchées et les jeunes ne sont pas en reste.

En CDI et SDF. C’est par ces mots que la Fondation Abbé Pierre (FAP) nous interpelle dans sa dernière campagne. Sur l’affiche, on voit un homme passer sa nuit dans sa voiture au milieu de toutes ses affaires. Une réalité peut-être marginale mais qui parle à celles et ceux qui vivent au­jourd’hui la précarité du logement.

Selon la fondation, crée par l’Abbé Pierre après l’hiver 1954, 3,5 millions de personnes sont non ou mal-logées en France. Toutes les tranches d’âges sont touchées y compris les jeunes.

Pour le délégué général de la FAP, Christophe Robert , « c’est l’échec des dispositifs mis en places dans la années 1990 ». Force est de constater que 25 ans après ces politiques, les dif­ficultés d’accès au logement ont continué de se développer pour les plus fragiles.

Des jeunes précarisés

Le rapport note l’aggravation de l’exclusion du logement chez les jeunes. En 2012, les 18-29 ans représentaient un quart des sans domiciles !

Les difficultés sont grandes, notamment pour les moins de 25 ans qui ne peuvent pas béné­ficier du RSA. Les contrats précaires et leurs faibles revenus ne leurs permettent souvent pas d’accéder à une location dans le privé et les garanties demandées restent encore un frein indéniable. Quant au parc HLM, l’accès y est tout autant difficile compte tenu de la faible quantité de petits logements et des longs délais d’attente. En France, plus de 900 000 jeunes de 18 à 29 ans vivent sous le seuil de pauvreté.

Autre enseignement alarmant délivré par la Fondation Abbé Pierre, 40% des personnes ayant sollicité le 115 (Samu Social) à l’hiver 2013-2014 avaient moins de 25 ans ! Signe d’une précarité grandissante chez les jeunes. 26% des SDF ont d’ailleurs entre 18 et 29 ans.

Des garanties trop importantes

Pour ceux qui arrivent à se loger, la situa­tion est également délicate. Les 25-29 ans consacrent plus de 20% de leur budget au logement, contre 10% tous âges confondus, note un rapport du CESE 1.

Il ajoute que leurs faibles ressources et la précarité de l’emploi exposent nombre de jeunes à l’inflation des garanties exigées par les bailleurs, voire parfois les poussent à ac­cepter des logements indécents. Cette précarité pousse de nom­breux jeunes pourtant actifs à devoir retourner vivre dans le foyer familial. En 2014, ce sont environ 240 000 jeunes de plus de 18 ans qui sont ainsi retour­nés vivre chez leurs parents ou leurs grands-parents après avoir occupé un logement au moins 3 mois.

Pour celles et ceux qui ont leur propre logement, la situation n’en est pas pour autant confor­table. L’observatoire des iné­galités notait en 2009 que 29% des jeunes déclaraient occuper un logement trop petit. Et autant avaient du mal à chauffer leur habi­tation faute de moyens. Au final, 17% d’entre eux ont des retards de paiements dans leurs loyers.

Les recours

La mise en place droit au logement imposable (DALO) a été un bon départ mais reste mal uti­lisés dans certaines régions de France.

Le DALO permet aux personnes mal logées, ou ayant attendu en vain un logement social pendant un délai anormalement long, de faire valoir leur droit à un logement décent ou à un hébergement (selon les cas) si elles ne

peuvent l’obtenir par leurs propres moyens.

La Fondation Abbé Pierre indique que sur plus de 459 000 recours de logement dépo­sés auprès des commissions de médiation entre 2008 et fin juin 2014, près de 147 000 ont été reconnus prioritaires et urgents, mais seulement 75 000 ont donné lieu à un reloge­ment dans le cadre du DALO. Une campagne est actuellement en cours pour que ce droit au logement opposable soit réellement effectif.

Tu peux retrouver toutes les informations sur le site de la FAP : fondation-abbe-pierre.fr