Léa, sur la route de l’emploi

Léa a 18 ans et habite Saint-Etienne dans la Loire. Elle a vécu une phobie scolaire l’année dernière. Depuis septembre, elle se donne les moyens de rebondir. Rencontre.

Enchainant des petits contrats, Léa découvre le monde du travail, tout nouveau pour elle.
Son parcours lui est propre, mais il fait écho à d’autres vies de jeunes. Elle a souhaité le partager : « si mon témoignage permet à d’autres comme moi de ne pas se sentir isolé, allons-y, parlons-en ! »

Léa a toujours eu des facilités à l’école et est arrivée jusqu’en terminale S sans trop de difficultés. « Jusqu’au jour où j’ai eu l’impression d’être un mouton, de suivre bêtement ce qu’on me disait. Je ne trouvais pas ma place, il y avait quelque chose en moi qui n’allait pas. »
Ce mal être, Léa ne le comprenait pas. « J’avais honte de ça car j’ai une vie sans trop de problèmes, une famille, des amis. J’étais en colère contre le système scolaire qui était trop théorique pour moi. On nous mettait dans une bulle, sans nous ouvrir sur le monde. »
Ce sentiment a fini par avoir des conséquences sur son comportement. « Au bout d’un moment, j’ai réussi à exprimer ce que je ressentais.
Pendant plusieurs mois, je ne suis plus allée en cours. J’ai tout de même passé mon Bac mais je ne l’ai pas eu. »

Après cela, Léa a voulu se prendre en main et décider de son propre parcours. Elle a donc arrêté ses études et cherché du travail. Mais pas facile quand on a 18 ans et rien comme bagage. « Avant même de trouver du travail, il faut en chercher. J’ai appris à faire un CV, une lettre de motivation. J’ai envoyé des candidatures spontanées, je regardais sur le site du Pôle Emploi…j’ai fini par trouver du travail à La Poste sur les conseils d’une copine plus âgée. »

Après ça, Léa a répondu à une annonce sur Le Bon Coin pour travailler dans un bar à huitres. « Ils m’ont embauché comme caissière à temps plein. Je n’y connaissais rien mais j’étais prête à apprendre, je me suis débrouillée comme je pouvais, j’étais en caisse, au service, à la plonge. Je faisais de longues journées. Un jour, je me suis faite durement reprendre par mon patron, il me reprochait des choses sur lesquelles il avait raison mais d’autres que je ne comprenais pas. Il ne reconnaissait pas le travail que je fournissais. J’étais démunie face à lui. J’aurais pu partir, mais c’était trop facile de tout lâcher comme ça, j’ai fait des efforts, j’ai pris en compte ses remarques. » Cela n’aura pas été suffisant, dans les jours qui ont suivi elle a été virée. « J’avais l’impression d’être vraiment nulle, je me remettais encore en question. En en parlant autour de moi, ça m’a rassurée, ce patron était connu pour se comporter comme ça. Cela ne venait pas forcément de moi. »

Sur cette route périlleuse de l’entrée dans le monde du travail, la confiance en soi est parfois mise à rude épreuve. Aujourd’hui, Léa fait des remplacements à La Poste. C’est avec un esprit battant qu’elle continue son propre chemin.

Souhaitons-lui le meilleur.