Trois mots d’Histoire
Genèse
Créée en 1925 en Belgique par un prêtre, Joseph Cardijn, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne naît en France à Clichy en 1927 quand le Père Georges Guérin entend parler de la JOC belge. Il propose alors aux jeunes ouvriers qu’il rencontre de réfléchir, d’analyser ce qu’ils vivent, de se former et d’agir. Il les encourage à militer dans des syndicats et à participer à des groupes d’étude de la doctrine sociale de l’église. Dans un contexte industriel et ouvrier, la JOC et la JOCF (JOC féminine) se développent de manière fulgurante dans toute la France et deviennent rapidement un mouvement de masse. Les jocistes s'engagent partout où vivent des jeunes travailleurs.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, des jocistes choisissent le maquis et la Résistance. D’autres partent au Service du travail obligatoire pour soutenir leurs camarades. Certains seront déportés pour avoir mené des actions clandestines dans les camps de travail. Parmi eux, Marcel Callo, béatifié par Jean-Paul II en 1987.
Agir pour l’emploi
La JOC a toujours voulu se situer du côté des jeunes chômeurs et travailleurs dont les conditions de vie sont parfois très difficiles. Elle crée par exemple des bureaux de placement en 1935 dans la plupart des villes industrielles, avant que l’Etat ne reprenne le principe pour créer l’ANPE en 1967. Plus tard, dans les années quatre-vingt, la JOC met en place des comités de chômeurs et des permanences précarité, lieux d’accueil, de soutien et d’écoute destinés aux jeunes en précarité. La JOC milite aussi pour permettre la création des missions locales.
En 2006, elle réalise une enquête auprès de 30 000 jeunes sur les questions d’emploi, d’insertion et de formation. Elle lance la Charte pour l’emploi des jeunes et se mobilise contre le Contrat première embauche.
Une convention pour les employés de maison
« Dans l’avenir, il n’y aura plus de "bonnes", mais des professionnelles de maison », proclame la JOCF en 1947. En 1951, elle obtient la signature d’une convention collective pour les employés domestiques, avec la CFTC et la CGT. C’est le début de la professionnalisation de ce métier.
Informer et soutenir les saisonniers
Les saisonniers sont la catégorie de jeunes travailleurs les plus exploités. Mal payés, ils subissent des horaires très chargés, n’ont pas de contrat de travail et sont logés dans des conditions précaires. En 1955, la JOC et la JOCF ont mis en place les premières permanences saison dans des lieux touristiques pour aider les saisonniers à obtenir des conditions de travail décentes. Actuellement, la JOC anime une dizaine de permanences chaque année, en été ou en hiver.
L’organisation des apprentis
Par ses enquêtes et ses revendications, la JOC a permis l’évolution de la loi pour améliorer les conditions de travail des apprentis. Elle organise plusieurs rassemblements spécifiques, notamment en 1994 ou en 1976, lorsqu’elle réunit 5 000 apprentis et pré-apprentis, révèlant ainsi l’exploitation honteuse dont ils sont victimes.
La création des foyers de jeunes travailleurs
La JOC fait face à la crise du logement de l’après-guerre dans une optique de reconstruction en créant à Tours le premier foyer de jeunes travailleurs (FJT). En 1955, l’enquête lancée par la JOC sur les « déplacements et le chômage » met en évidence les difficultés de logement dans les villes où se trouve l’emploi. La JOC et la JOCF s’associent aux « Amitiés sociales » et à l’Uniopss (Union interfédérale des œuvres privées sanitaires et sociales) pour donner naissance à l’UFJT, l’Union des foyers de jeunes travailleurs.
Agir pour l’orientation
Parce que choisir son métier est un des facteurs de réussite pour sa vie, la JOC se préoccupe aussi de l’orientation. En 1935, elle ouvre le premier centre d’orientation professionnelle de France. Après la Seconde Guerre mondiale, ce centre sera intégré à l’Education nationale puis en 1972 au CIO, le Centre d’information et d’orientation.
20 000 jeunes à Bercy
Les rassemblements de masse sont une grande tradition de la JOC. Le 3 mai 2003, 20 000 jeunes de toutes la France affirment : « On est fait pour s’entendre ! » au rassemblement « Bercy Ensemble ! ». Ils montrent leur engagement au quotidien comme acteurs du vivre ensemble. Le 30 septembre et le 1er octobre 2006, 1 200 jeunes délégués de toute la France se réunissent à La Défense pour les Etats Généraux pour l'emploi des jeunes. Ils formulent 11 propositions concrètes et lancent la Charte pour l'emploi des jeunes.
En 2007, la JOC vit une grande manifestation internationale. Le Rassemblement européen des militants réunit 400 délégués de dix pays d’Europe : Angleterre, Irlande, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Espagne, Italie, Portugal, Malte et France.
En bande dessinée
En 2005, Etienne Davodeau a publié Les Mauvaises Gens, une bande dessinée qui raconte le parcours militant de deux jocistes… ses parents. Son livre a remporté deux prix au festival international de la BD d’Angoulême : celui du Meilleur scénario et le prix public du Meilleur Album. Pour en savoir plus : www.etiennedavodeau.com