Jocistes d’Hier et d’Aujourd’hui

P1000289

Alors que la dynamique Quartiers Libres nous suggère d’inviter nos voisins de tout âge dans les rencontres  » Entrées Libres ! « , des jocistes de la Nièvre ont discuté cet été avec Renée, une jociste de 86 ans.

La scène se déroule à la limite de la région Centre, à Chatillon-Colligny pour être précis. Après plus d’une heure de route, les jocistes d’aujourd’hui arrivent devant une coquette maison de retraite. Pour inviter de nouveaux potes ? Mmmh, pas exactement. Renée a milité à la JOC à partir de 1945. À partir d’archives et de questions, la parole se délie.
« J’étais dans un milieu très huppé, en tant qu’employée de maison dans la Nièvre.
Puis je suis partie à Paris et la JOC m’a permis d’avoir le culot d’y rester : dans l’équipe, certaines vivaient dans des conditions épouvantables. J’ai connu le service jusqu’à 3h du matin mais chez les Bernard, j’ai eu de la chance. Toutes les employées étaient groupées autour d’une fédérale jociste. On se rencontrait et donnait des idées pour faire grandir.
Il y avait beaucoup d’amitié.
Fière, Pure, Joyeuse… C’est fou comme une phrase peut donner tant de joie dans le cœur des gens. Mes parents ne s’occupaient pas de moi mais il y avait une telle force quand on chantait ça !
J’étais l’ainée des filles, 16 enfants qui sont tous allés à l’assistance publique.
On s’est retrouvé des années plus tard. Jusqu’à mes 21 ans je n’avais ni frère ni sœur.
Et c’est à la JOC que j’ai trouvé l’amour … avec le responsable fédéral s’il vous plait ! Raymond a continué toute sa vie à s’engager dans les syndicats.
Il l’était encore à 80 ans ! Tailleur sur mesure chez Lanvin, il a participé à la mise en place des convention collective pour la haute couture. »

Tous ses souvenirs semblaient s’effacer et pourtant au fil de la conversation,
la magie opère : Renée évoque avec un plaisir partagé, des détails de plus de 70 ans.
Pour conclure  » La JOC m’a tout apporté, il n’y avait rien d’autres en ces temps-là et je n’avais personne pour me guider, seulement des patrons qui nous obligeaient à travailler. A 13 ans, ma vie a démarré. j’avais des copains, des copines : c’est de la famille encore aujourd’hui. « 

Pleine d’humilité, Renée a marqué les esprits par son naturel, sa vie  » pas extraordinaire « .

Touchante.