François appelle à un sursaut de l’Europe et à l’unité des chrétiens

Le Pape François est venu en France fin novembre pour interpeller les politiques au parlement Européen. Quelques jours plus tard, en Turquie il appelait à l’unité des chrétiens partout dans le Monde. Retour sur ces deux temps forts qui ont marqué.

Le Pape au Parlement Européen de Strasbourg, l’image est insolite mais porteuse de sens et de symbole. La dernière et unique visite du re- présentant du Vatican dans cette institution était celle de Jean-Paul II en 1988.
L’actuel souverain pontife a rappelé l’Europe à « ses valeurs humanistes ». Et pour cause, il a tiré un portait sévère de la marche de l’Europe aujourd’hui et a appelé à « travailler pour que l’Europe redécouvre sa bonne âme ».
Le Pape a brossé le portrait d’une Europe « fa- tiguée» la comparant à une «grand-mère ayant perdu sa fertilité et sa vivacité » et estimé que « les grands idéaux qui l’ont inspiré semblaient avoir perdu leur force d’attraction au profit du technicisme bureaucratique de ses institutions». Il a également parlé des racines chrétiennes de l’Europe en précisant que selon lui, « c’est l’oubli de Dieu et non sa glorification qui génère la violence. »
Le Pape François a demandé aux politiques européens de placer «l’Homme comme per- sonne dotée d’une dignité transcendantale» au centre de leur action et de combattre les situations «dans lesquelles les êtres humains sont traités comme des objets dont on peut programmer la conception, la configuration et l’utilité, et qui ensuite peuvent être jetés quand ils ne servent plus, parce qu’ils deviennent faibles, malades ou vieux ». Il a notamment évoqué le sort des migrants qui meurent en mer pour rejoindre le vieuxcontient : « nous ne pouvons tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière. Il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’aide. »
Puis quelques jours plus tard, le 29 novembre, François s’est envolé pour Ankara en Turquie. Il y a notamment défendu vigoureusement les chrétiens d’orient, menacés par les djiha- distes en Irak et en Syrie, et plaidé pour un rapprochement entre catholiques et ortho- doxes. Aux côtés du patriarche de Constantinople Bartholomée 1er, il a assuré qu’il n’accepterait jamais «un Moyen-Orient sans les chrétiens». François a d’ailleurs défendu – pour le moment en vain devant le Président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan, la nécessaire alliance des religions contre le terrorisme et le fondamentalisme. Le souverain Pontife a également profité de sa visite pour rencontrer des réfugiés de toutes confessions venus de Syrie ou encore d’Irak.
Tout comme son prédécesseur Benoit XVI il y a 8 ans, le Pape s’est rendu à la Mosquée bleue. Il y a effectué une «adoration silencieuse» aux côtés du grand mufti d’Istanbul Rahmi Yaran qui priait. Ce voyage aura donc été une tribune pour lancer un vibrant plaidoyer en faveur de la paix au Proche-Orient et à la tolérance religieuse.

POUR ALLER PLUS LOIN
Le 6 décembre, le Cardinal Barabarin archevêque de Lyon a porté aux chrétiens d’Irak un message du Pape François. En voici un extrait.
Nous avons l’obligation de dénoncer toutes les violations de la dignité et des droits de l’Homme. Et moi, aujourd’hui, je voudrais me rendre plus proche de vous, qui portez cette souffrance, et être avec vous.
Je pense à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui disait que, comme l’Église, elle se comparaît à un roseau. Quand viennent le vent et la tempête, le roseau plie mais ne se casse pas. Vous êtes, en ce moment même, ce roseau ; vous pliez, avec douleur ; mais vous avez cette force qui vous fait tenir bon dans votre foi, et c’est pour nous un témoignage. Aujourd’hui, vous êtes les roseaux de Dieu ! Les roseaux qui s’abaissent sous ce vent féroce, mais qui ensuite se redresseront. Je veux rendre grâce à nouveau. Je prie l’Esprit qui fait toutes choses nouvelles de donner à chacun d’entre vous force et résistance – c’est un don de l’Esprit-Saint.

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