Entretien avec Clémence Otekpo, candidate à la présidence de la CIJOC

Le mardi 08 juin 2021,

Nous nous sommes entretenus avec Clémence Otekpo, une jociste de Nantes qui candidate à la Présidence de la CIJOC. Elle revient notamment sur son parcours en JOC et sur ce qui l’anime dans ce nouveau défi.

  • Tu peux te présenter ?

Je m’appelle Clémence Otekpo, j’ai 26 ans et je vis à Saint-Herblain, une commune juste à côté Nantes. J’y vis depuis 16 ans avec mes parents, après avoir un peu bougé avec ma famille. Je suis d’origine franco-béninoise. J’ai 5 frères et sœurs, que j’aime beaucoup et qui vivent dans d’autres villes.
Pendant mes études, je me suis formée au droit de la propriété intellectuelle. Depuis, j’ai exercé dans beaucoup d’autres domaines ! Actuellement, je travaille dans les directions régionales des Pays de la Loire (des services de l’Etat) en tant que vacataire. Je touche un peu à tout.
Dans la vie, j’aime particulièrement discuter de la vie, raconter des blagues (souvent moyennement drôles) et plus que tout profiter de moments en famille et entre amis.

 

  • Ton parcours en JOC ?

Je suis entrée en JOC il y a un peu plus de 13 ans, à la suite d’un passage à l’Action Catholique des enfants (ACE). J’avais envie de plus. Alors, j’ai rejoint une équipe Top’Ado, qui regroupait des jeunes de 12-13 ans qui découvraient la JOC. C’était une équipe géniale : un peu turbulente, mais vivante ! Au fil des années, nous avons découvert les réunions d’équipes (peut-être pas encore exactement des Révisions De Vie), vécu l’action, et beaucoup échangé et débattu. Avec les années, l’équipe s’est un peu délitée. J’allais en JOC comme j’allais au sport ou au théâtre. Je vivais aussi certains temps forts, avec une conviction plus ou moins grande.

En 2016, j’avais repris depuis un moment une vie d’équipe plus saine. Je suis allée à l’Assemblée Générale Locale (le Démarrage d’année, comme on dit chez nous). Paul, le président que je connaissais un peu de la paroisse, m’a proposé de m’investir pour préparer le Rassemblement National de fin d’année. Ça m’intéressait alors, simplement, j’ai accepté.

C’est comme ça qu’a commencé mon intérêt grandissant pour la JOC : cette année-là, j’ai préparé des temps de mobilisation pour le Rassemblement National 2017. Au début du printemps, on m’a proposé de travailler comme permanente salariée à la Perm’Saison de La Baule-Pornichet. Quelle expérience extraordinaire ! Je savais que j’avais mis les pieds dans quelque chose de magique, sans savoir exactement quoi. À la fin de l’été, j’ai reçu une lettre d’appel. Très belle. Alors, j’avoue ne pas avoir beaucoup hésité. C’est comme ça qu’à la rentrée, j’ai rejoint l’équipe fédérale de la JOC de Nantes, et que je me suis proposée à travailler avec le président fédéral. Quatre ans plus tard, à la fin de mes mandats, me voilà à mon tour à passer le flambeau pour une nouvelle présidence.

 

  • Qu’est-ce que la JOC a changé dans ton quotidien ? 

La JOC a changé mon quotidien, parce que je dédie une grande partie de mon temps à la JOC. C’est que ça en fait des réunions ! Mais elle m’a surtout changé moi. Jeune adolescente, j’étais timide et pas du tout à l’aise auprès d’inconnus. Grandir en équipe, rencontrer des personnes différentes, partager sur ma vie, c’est ça qui m’a permis d’évoluer. La JOC, ça a un peu été mon évolution Pokémon.
Et avoir été responsabilisée, c’est le plus grand trésor. J’ai appris à donner mes idées, à comprendre qu’elles avaient de la valeur. J’ai appris à animer des temps pour d’autres jeunes. J’ai appris à préparer et animer correctement une réunion … J’ai énormément appris grâce aux copains et aux adultes référents incroyablement bienveillants. J’en découvre les effets tous les jours, dans ma vie personnelle et au travail également.

 

  • J’ai entendu que tu avais proposé ta candidature pour la présidence de la CIJOC ? Tu confirmes ?

Eh oui ! Tu as bien entendu. J’ai osé candidater, parce que les copains me l’ont proposé en me disant que ce serait chouette pour moi et pour la CIJOC. On peut dire qu’ils m’ont convaincue. Comme Pierre le pêcheur, je me suis dit que j’étais prête à laisser ma barque et à continuer mon chemin sur les pas de Jésus.

 

  • Pour ceux qui ne connaissent pas la structure, peux-tu présenter ce qu’est la CIJOC et son rapport avec la JOC ?

La CIJOC, c’est la coordination internationale des JOC. Créé en 1986, c’est un mouvement international qui est constitué de différentes JOC dans le monde, qui y adhérent. La JOC de France y a adhéré, comme plus de 50 pays à travers le monde. Ce mouvement permet aux JOC de vivre des choses communes : de se réunir, de partager et de faire JOC ensemble.
Cette instance internationale permet aussi de représenter la JOC auprès d’autres instances (l’Eglise, les autres mouvements, les partenaires, etc.), de former des responsables nationaux en JOC, et de permettre à la Bonne nouvelle de Jésus Christ d’être entendue et reconnue par tous, dans les mots comme dans l’action.

 

  • Quelles sont tes motivations pour devenir présidente de la CIJOC ? Qu’est-ce que tu portes de différent des autres candidats ?

C’est une très bonne question. Quand on m’a proposé de candidater pour cette mission, j’ai eu peur de toutes les responsabilités que cela engendrait. En discutant avec certains bons amis en JOC, je me suis remémorée tout ce que la JOC m’avait apporté jusque-là, à quel point elle m’avait fait grandir. Je crois que pendant toutes mes années en JOC, j’ai beaucoup appris sur la valeur de responsabiliser les jeunes, de partir de ses réalités et de celles de ses copains pour changer un peu le monde. De vivre la Révision de Vie par le Voir, Juger Agir, pour identifier des solutions très concrètes pour rendre ce monde plus juste. C’est ce que j’ai envie de porter jusqu’à l’international.

Au-delà de ça, c’est aussi une incroyable opportunité de partir vivre en Italie pour 4 ans, à travailler officiellement pour la JOC. Ça me rappelle une chanson que j’ai connue au cathé je crois, qui dit que « Nous sommes des étoiles, dans le ciel d’Abraham » : « le premier des croyants a quitté son pays, quand Dieu l’a appelé à marcher avec lui. Pèlerin d’avenir, il a conduit son peuple, … »            .
Il y a un autre candidat pour la présidence. Il s’appelle Thierry et est originaire de la Côte d’Ivoire. D’après sa candidature, que j’ai eu la chance de lire, il est lui aussi très actif en JOC ! Nous n’avons pas tout à fait le même profil, et il sera difficile de résumer le sien.
Dans tous les cas, la JOC coule dans mes veines, elle fait partie de moi et si je peux partager ça à d’autres, c’est une grande chance que l’on me donne.

 

  • Tu peux nous en dire plus sur les étapes qui t’attendent avant ta possible élection ?

Il y aura peu d’étapes avant le vote des pays membres. Les principales étaient de réfléchir à ma candidature et de la formuler. C’est désormais chose faite, je suis impatiente de connaitre les résultats du Conseil International, qui décidera de l’élection.
Peut-être apprendre quelques mots d’italien … ça peut toujours servir !!

 

  • Tu veux ajouter quelque chose ?

Un mot global : je souhaite à chaque jeune, qu’il connaisse déjà la JOC ou pas, de se voir donner la chance de grandir entouré de copains et d’être responsabilisé. Ça donne confiance, ça aide à pousser (presque) droit, ça donne des clés pour être militant, rêver en grand et être acteur de sa vie.

C’est beau, et j’irais même jusqu’à dire que c’est essentiel.

 

Nous remercions Clémence pour cet entretien très agréable. Bon courage à elle pour la suite !