Droit du sol?

En octobre, l’affaire Leonarda a fait descendre des milliers de lycéens dans les rues. Des manifestations spontanées pour la soutenir et réclamer une politique migratoire plus humaine. Sur le plan politique l’affaire a remis la question de l’immigration en débat jusqu’à la remise en cause du droit du sol par l’UMP. Décryptage.
Depuis de nombreuses années la question du droit du sol est une vielle chimère de la droite. Déjà en 1993 la loi Pasqua avait conditionné l’acquisition de la nationalité française au fait que le jeune demandeur manifeste la volonté de devenir français. Une loi abrogée en 1998 avec le retour de la gauche au pouvoir. Aujourd’hui, après un vote à l’unanimité du conseil politique de l’UMP, le parti souhaite supprimer l’automaticité de la naturalisation pour un enfant né en France de parents en situation irrégulière. Avec cette proposition, l’UMP cherche à marcher sur les platebandes du Front National qui tire profit depuis de nombreux mois de l’effet Marine Le Pen, des reculades du gouvernement et de l’incapacité pour les autres partis à se positionner en opposition crédible aux yeux des français. En octobre, un sondage réalisé par le CSA mettait le FN en tête des intentions de vote pour les élections Européennes de l’année prochaine. Mais le FN lui va plus loin puisqu’il propose l’abolition totale du droit du sol. Y compris la possibilité pour les parents de demander la nationalité de leur enfant à l’âge de 13 ans.
L’UMP de son côté ne s’arrête pas en si bon chemin et reprend des idées déjà portée par le FN. Comme la suppression de l’AME, l’aide médicale d’état réservée aux personnes sans papiers. Le parti présidé par Jean-François Copé entend aussi durcir les conditions d’accès aux RSA et à la couverture maladie universelle pour les étrangers.
Mais tandis que la droite et l’extrême droite se disputent la paternité de ses idées, des voix s’élèvent pour que les migrants ne soient plus considérés comme des dangers. Dans Témoignage Chrétien, Geneviève Jacques présidente de la Cimade nous invite à « construire des ponts entre les peuples au lieu de nous acharner à construire des murs ». Les jeunes ne sont pas en restes, puisque des collectifs de lycéens se sont créés et continuent à se mobiliser pour que la politique migratoire évolue dans le bon sens.
Pour mieux comprendre

Que est-ce que le droit du sol ?
Le droit du sol permet à tout enfant né en France de parents étrangers d’acquérir, de façon automatique, la nationalité française à ses 18 ans, s’il réside en France à cette date et s’il y a eu sa résidence effective d’au moins cinq ans, depuis l’âge de 11 ans.
Avant sa majorité, un enfant né en France de parents étrangers peut aussi acquérir la nationalité française. Pour cela ses parents doivent en faire la demande, avec son consentement, lorsqu’il atteint ses 13 ans. Il faut justifier de 5 ans de présence sur le territoire.