Conseils nationaux de la JOC : 1943 – 1944

Le 4 avril prochain, la JOC tiendra son grand conseil National ! L’occasion pour nous de nous replonger dans quelques uns de ces grands moments.

On commence avec un conseil très particulier puisqu’il a eu lieu en 1944…

souvenez-vous

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le 3 septembre 1939 provoque l’annulation du grand pèlerinage international de la JOC qui devait avoir lieu quelques jours plus tard à Rome en présence de 20 000 participants. Ce n’est que cinq ans plus tard après la Libération que la JOC organisera un grand rassemblement le 9 décembre 1944 au Vel d’Hiv à Paris : 25 000 jocistes présents.

La Seconde Guerre Mondiale a beaucoup affecté l’organisation de la JOC et JOCF. En effet, en quelques mois, la JOC masculine se voit dans l’obligation de pourvoir au remplacement d’un grand nombre de ses cadres mobilisés, et ceci à tous les échelons du mouvement. Après l’armistice de juin 1940, la situation de la JOC et de la JOCF en zone Nord (donc occupée par l’armée allemande), vivant dans une dangereuse semi-clandestinité, est bien différente de celle du mouvement en zone Sud, bénéficiant d’une existence légale (sans oublier les zones interdites du Nord, de l’Est et des zones côtières, ni la situation dramatique que connaissent les jocistes des trois départements annexés par l’Allemagne : le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle). En 1943, le Conseil National décide de la réunification du mouvement. Une direction nationale commune est élue, mais la réunification des secrétariats nationaux sera plus longue à devenir effective. Cette réunification de la JOC n’annule pas pour autant les effets de l’Ordonnance allemande du 28 août 1940 sur le mouvement en zone Nord. Le 3 août 1943, la Gestapo se rend au secrétariat général de la JOC du 12 avenue de la Sœur Rosalie. Celui-ci est fermé et mis sous scellés et Georges Guérin est arrêté et emprisonné à Fresnes (il sera libéré le 22 décembre 1943).

Jusqu’à la Libération, la JOC s’efforce donc de poursuivre malgré tout son action. Signe de son adaptation aux circonstances, elle met en place, à la suite des bombardements de mai 1944, les Équipes d’Entraide Ouvrière pour secourir les blessés, venir en aide aux sinistrés et déblayer les ruines. Cet important service jociste que constituent les EEO continuera d’ailleurs à fonctionner plusieurs mois après la Libération.

À la Libération, la JOC et la JOCF présentent leurs revendications nationales : la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 17 ans, une organisation sérieuse de la formation professionnelle et familiale, un salaire juste, la troisième semaine de congés payés, le délégué des jeunes, l’instauration du prêt au mariage et de la caisse dotale, le statut légal du jeune travailleur.