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George Laurent, jociste martyr

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Georges Laurent était jociste et résistant en Loire-Atlantique. Il a été fusillé par les nazis avec 26 autres camarades en juin 1944.

1944. La Loire-Atlantique se trouve occupée par les Allemands. Georges Laurent, 23 ans, travaille dans la mine de fer à Rougé. Il est jociste. Il a toujours une attitude de résistant face à l’occupant allemand. Dans une biographie posthume rédigée par l’abbé Joseph Guihéneuf, on apprend qu’en novembre 1942, Georges a demandé à partir travailler en Allemagne à la place d’un jeune homme marié et futur père de famille qui avait été désigné comme «volontaire» par un inspecteur du travail.

Meneur enthousiaste
« Quand on est chrétien, on sait tout de même pratiquer là charité », justifie Georges. à la dernière minute, il y a contre-ordre et finalement personne ne part en Allemagne. « à partir de ce jour, écrit Joseph Guihéneuf, il est le chef incontesté de la jeunesse du pays C’est un geste qui compte et qui nous donne un véritable portrait de Georges Laurent : un coeur d’or. » Le Vendredi Saint qui précède sa mort, le jeune jociste obtient que toute la mine (300 ouvriers) observe une minute de silence à 15 heures. « C’est curieux, vous ne voulez pas prendre une minute de silence même le Vendredi Saint, rétorque-t-il à quelques-uns qui s’y opposent. Est-ce que vous seriez devenus « collaborateurs » puisque vous ne voulez pas cesser une minute de travailler pour l’Allemagne ? » Un peu plus tard dans l’année, des jeunes fuient les « travaux forcés ». Il les rejoint et le groupe s’arme pour chasser l’occupant. Georges est à la tête de ce mouvement. « Avec son Tempérament de meneur enthousiaste, il se donne à fond, il a bien du mal à mettre en pratique les conseils de me sure et de discrétion qui lui sont prodigués. » Pour lui, « il faut des catholiques décidés et nombreux dans la Résistance pour qu’on ne puisse jamais dire que le patriotisme pendant l’Occupation ne fut le fait que de quelques extrémistes. » En fait, précise l’abbé Guihéneuf, « il a peur qu’après guerre on puisse prétendre que les jocistes avaient fui cet angoissant problème de vie de l’heure. »

Maquis de Saffré
Le 27 juin au matin, il repasse chez ses parents, embrasse sa mère en larmes et lui dit : « Je ferai mon devoir jusqu’au bout. Si je meurs, mes dernières paroles seront : "pour Dieu et pour la France". » Le lendemain dès l’aube, les nazis attaquent le maquis de Saffré (44). Toute la journée, la bataille fait rage. Les gars se battent avec des moyens de fortune et luttent à pied. Vers 15 heures, Georges est fait prisonnier et emmené à la ferme des Brées où étaient déjà rassemblés une cinquantaine de ses camarades de combat. Le 29 juin à 22 heures, après un simulacre de jugement, Georges est condamné à mort avec 26 de ses camarades. Ils sont exécutés dans la soirée. « Son souvenir est très présent dans la région », rappelle émile Letertre, prêtre à Nantes, ancien jociste et résistant. « Si trop d’évêques ont été lamentables à l’époque, l’identification de la seule hiérarchie à l’église et vice-versa fait oublier la forte présence des laïcs dans la lutte contre le nazisme. Georges Laurent était de ceux-là. »

Article paru dans Assez Zoné en avril 2006

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