Apprentis, du livre noir au livre blanc

livre noir

Au moment où la Campagne Nationale d’Action sur la formation et l’avenir professionnel battait son plein, la JOC /JOCF Alsace allait lancer un véritable pavé dans la mare, avec la parution en 500 exemplaires d’un Livre noir de l’apprentissage.

Petit rappel des faits qui allaient y conduire : un questionnaire JOC destiné aux « arpettes » est mis en circulation à la fin de l’année 1985, rempli par 300 apprenti.e.s sur les 5000 que compte la région. Dans la foulée, une Rencontre des Délégués Apprentis a lieu à Strasbourg le 26 janvier 1986, pour faire remonter les résultats des enquêtes. Une cinquantaine de témoignages directs se retrouvent ensuite au cœur de ce fascicule.

Ce Livre noir dénonce les conditions précaires et l’exploitation dont sont trop souvent victimes les apprenti.e.s de l’époque, tout en dressant la liste de leurs droits : horaires à faire respecter, paiement des heures supplémentaires, droit à la parole sans crainte de sanctions, respect des contrats d’apprentissage ainsi que de la qualité de la formation…

Les nombreux abus se doivent d’être signalés aux inspecteurs d’apprentissage, qui ne peuvent pas être partout. Ce véritable répertoire de situations vécues est ensuite porté aux instances politiques, religieuses et syndicales, ainsi qu’aux organismes liés à l’emploi et aux jeunes et enfin à la Ligue des Droits de l’Homme.

Ce « black book », refusant la politique de la « bouche cousue » va inspirer d’autres initiatives : un Guide des droits des apprentis pour le Rassemblement Villavenir en 1986,  le Livre blanc des apprentis remis aux pouvoirs publics en 1994.

Encore aujourd’hui la JOC propose des outils pour permettre aux apprentis de mieux connaître leurs droits et ainsi de mieux les défendre.