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Analyse de l'enquête de la JOC sur les conditions de logement des saisonniers par Richard Dethyre, sociologue et auteur de Avec les saisonniers une expérience de transformation du travail dans le tourisme social à La Dispute.
Le logement
«L’enquête
réalisée par la JOC montre une nette dissociation entre la nature du
contrat (CDD saisonnier, donc temporaire), qui éloigne fréquemment des
lieux d’habitation, et la responsabilité de l’employeur en matière de
logement. Il y a en dans ce domaine un vide juridique qu’il
conviendrait de combler par la loi.» Camping ou colocation
«On
voit que plus d’un tiers des saisonniers choisissent de vivre en
camping. On imagine facilement que cela est supportable lorsque la
durée du contrat est limitée, mais dépassé un mois, les joies du
camping se transforment souvent en contraintes. Faire la sieste de
récupération pendant la coupure, supporter le bruit lors des soirées
musicales… Pas toujours compatible avec le lieu de repos indispensable
à un salarié. Cela est également vrai pour les saisonniers choisissant
la colocation, souvent dans des logements trop petits.» Hébergement par l’employeur
«Très
peu de saisonniers sont hébergés par leur employeur mais le détail de
cette proportion mettrait certainement en lumière les écarts existants
entre les employeurs du tourisme social et privé. Il est utile de
savoir par exemple que le comité d’entreprise des gaziers électriciens
la CCAS a adopté une charte du logement pour les saisonniers.» Des logements trop chers
«Deux
tiers du salaire consacré au logement, c’est considérable. Cela indique
le peu de suite données aux déclarations d’intention des employeurs et
des collectivités qui bénéficient de la manne financière que représente
l’activité touristique. Entre les dépenses de logement, les quelques
loisirs et d’autres dépenses obligatoires, beaucoup de jeunes rentrent
souvent chez eux les poches vides. Dit autrement, dans leur cas, ne
faut-il pas payer pour travailler ?» Les loisirs
«C’est
vrai que les journées des saisonniers sont de longues journées avec des
coupures nombreuses qui allongent l’amplitude de travail. D’autres
part, le coût des loisirs est élevé en station ou sur les littoraux et
limite souvent les possibilités d’en profiter. On oublie souvent que
les 400 000 saisonniers du tourisme sont majoritairement des jeunes qui
travaillent en période de vacances et aspirent naturellement à la
pratique de loisirs diversifiés.»
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