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Val-d'Isère, vu par ses jeunes saisonniers
« Découvrir la montagne autrement » C'est l'objectif que se sont fixés les sept jeunes participants au séjour organisé à Tignes et Val-d'Isère par la JOC et la Mission de France. Depuis lundi et pendant une semaine, ils vont explorer la face cachée des stations de ski sans oublier de profiter des sports d'hiver. Ils publieront chaque jour un article sur le site de la JOC pour vous faire partager leurs découvertes. La série commence aujourd'hui avec trois témoignages de saisonniers rencontrés à Val-d'Isère dans les locaux de l'association Vie Val D'is. Ils décrivent leur vie de travailleurs saisonnniers dans la station qui vient d'accueillir les championnats du monde de ski.

« Nous habitons dans un cave aménagée »
Caroline, Mathias et Maxime sont tous les trois saisonniers dans l’hôtellerie.
« Cette saison, c’est la galère : nous habitons dans une cave aménagée avec juste une petite fenêtre. Mais s’il n’y avait que cela ce serait cool. Lorsqu’on est saisonnier la vie est très chère, même avec la carte de réduction, alors après le boulot, soit tu reste chez toi et tu déprimes, soit tu sors et tu dépenses tout !
Au travail, l’ambiance est mauvaise entre les salariés et le patron, il ne nous dit même plus bonjour. Pour le réveillon on a travaillé 18 heures de suite, on a seulement mangé un potage et personne ne nous a souhaité la bonne année. Le patron a voulu nous licencier pour incompatibilité d’humeur. L’association de l’espace saisonnier nous a mis en contact avec un inspecteur du travail qui nous a orientés vers les prud’hommes. C’est une démarche qui demande du temps parce qu’il faut se déplacer jusqu’à Chambéry, il faut vraiment en vouloir. On ne supporte plus ces conditions de travail alors on arrête à la fin de la semaine. On va devoir trouver un autre emploi et ce ne sera pas facile.»


« Les clients dépensent mon salaire en une soirée »
Julien travaille dans un hôtel quatre étoiles de décembre à mai.
« Je me suis fait avoir lors de mon embauche. L’annonce prévoyait 1230 € net pour 39 heures de travail mais sur le contrat c’était 1430 € brut pour 35 heures. Pour avoir ma paye entièrement, je dois fermer ma gueule. Le restaurant est plein tous les jours et les clients dépensent mon salaire en une soirée ! Pendant les championnats du monde il n’y avait pas de personnel en plus. On était trois pour gérer une salle de 180 personnes avec seulement 120 places. Mon patron ne veut pas nous acheter un diable alors on doit tout porter à la main, résultat : je me suis déchiré un muscle.
Tout est trop cher à Val-d’Isère. Même avec les réductions de l’association Vie Val d’Is : -15% ce n’est pas suffisant. Pour le logement, je n’ai pas à me plaindre : je vis dans un 18 m² avec ma femme.
A la fin de la saison, je fais deux mois de chômage et je n’ai pas de honte de le dire. Puis, de juillet à septembre, je serai plagiste à Saint-Cyr. Ensuite je vais passer huit mois en Angleterre pour travailler mon anglais avant de faire des études de commerce.»

« Je dors dans ma voiture »
Nadia est arrivée en décembre, sans emploi.
 « J’ai essayé de trouver un job à Morzine où j’ai fait une période d’essai mais on m’a dit qu’on n’avait pas besoin de moi. Je suis ensuite allée à Val d’Isère. J’ai fait deux périodes d’essai dans deux établissements en tant que serveuse mais on ne m’a pas embauché. Depuis, je cherche du boulot. C’est la galère cette année. Quand je bosse, les conditions de travaille sont correctes. Le salaire de départ est le Smic. Les employeurs disent qu’il peut être revu à la hausse plus tard mais comme je ne fais que des périodes d’essai je ne sais pas si c’est vrai. J’ai fait au moins dix déménagements parce qu’on me proposait un logement pendant mes périodes d’essai mais après je devais changer. Des amis dans la station ont pu me dépanner pour quelques nuits mais lorsque je suis vraiment coincée je dors dans ma voiture… La chambre d’hôtel est à 145 €.
Les championnats du monde n’ont pas créé d’emploi car les sportifs et les journalistes consomment peu donc les employeurs n’ont pas besoin de personnel supplémentaire. L’été je fais la saison chez moi, sur la côte basque. Venir ici pour l’hiver ce n’est vraiment pas facile parce que je ne connais personne mais cela force à aller à la rencontre d’autres saisonniers.»

Propos recueillis par Yoann, Romain,
Jean-Baptiste, Julien, Marie, Dimitri et Laurent.


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