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[Retraites] Les jeunes qui manifestent mettent en danger leur emploi
Malgré la forte mobilisation de mardi, le gouvernement ne réagit toujours pas. La JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) appelle une nouvelle fois les jeunes à manifester samedi 16 octobre pour exiger une réforme plus juste et plus équitable. Les jeunes travailleurs, les apprentis sont directement concernés mais n'ont pas les moyens d'exprimer leur mécontentement. Eux ne peuvent pas faire grève au risque de mettre en péril leur emploi sur un marché du travail déjà pauvre. Des jeunes sont même mis à la porte lorsqu'ils décident de faire grève. Pour la JOC, ils témoignent de leurs difficultés à se mobiliser pour un combat qu'ils estiment juste.
« J’ai fais la grève et ils ont mis fin à mon contrat » Benoît, 25 ans, intérimaire. « Je travaille en intérim, j’avais une mission dans une usine, du travail à la chaîne. Comme d’habitude on me promettait un CDI, j’étais sur un poste « pérenne ». Ils avaient les mots pour me faire revenir chaque jour : « vous êtes indispensable, vous apprenez vite ! ». Et puis lorsque j’ai annoncé que je ne serai pas là mardi, ils ont tout simplement mis fin à mon contrat : « alors on ne peut pas vous garder ». En revenant à l’agence intérim, j’ai appris qu’il n’y avait pas CDI en vue, mais un contrat d’un mois seulement… »
«Je pénalise tout le monde » Elise, 23 ans, aide médico-psychologique. « Quand il y a une manifestation prévue sur mon temps de travail, je ne peux pas y aller. Je travaille dans une maison de retraite, et si je fais grève, je pénalise mes collègues mais aussi les personnes âgées, car il n’y a pas assez de personnel. Si je décide d’aller manifester, c’est du stress en plus pour les collègues et je ne veux pas mettre en péril la sécurité des personnes qui y résident. Au début du mouvement de grève, j’ai hésité à en parler à ma directrice. Je voulais me mettre en grève tout en continuant à travailler. Mais ça n’a pas de sens si je suis seule. »
« Financièrement c’est impossible » Mylène, 23 ans, agent de sûreté dans un aéroport. « Je ne fais pas grève, non seulement parce qu’on nous met la pression avec le plan Vigipirate, mais aussi par choix. Je suis en CDI à temps partiel. Je ne peux pas me permettre financièrement de perdre une journée de travail. Je ne pourrai pas non plus aller manifester samedi car je travaille. Mais je soutiens le mouvement, je ne me vois pas travailler jusqu’à 62 ou 67 ans, surtout dans mon travail actuel ! »
« Si je veux être repris l’an prochain, je n’ai pas intérêt » Laurent, 26 ans, dans l’hôtellerie-restauration. « J’ai un contrat saisonnier, si je veux être repris l’année prochaine, je n’ai pas intérêt à faire grève. Là où je travaille, ça ne se discute même pas, à la rigueur dans un grand groupe peut-être. Si je fais grève, c’est la structure en entier qui ferme, et je suis sûr que ça ne sera pas accepté. C’est le chiffre d’affaire qui compte avant l’avenir de nos retraites. Mardi, j’ai pu aller manifester parce que c’était une journée de repos, mais samedi ce sera impossible…»
« Il y a un emploi à la clé, je ne peux pas me faire remarquer » Goeffroy, 21 ans, BTS en alternance. « Je suis apprenti dans une entreprise, pendant les deux ans de ma formation, je suis surveillé par mon maître d’apprentissage. Si je fais grève, c’est mal vu et je passe pour le faignant de service. Comme je sais qu’il y a un emploi à la clé, à la fin de mon apprentissage, je n’ai pas intérêt à me faire remarquer. D’autant plus que j’avais demandé la semaine dernière à être muté, c’est le genre de démarche qui ne plaît pas. » Télécharger le communiqué de presse de la JOC
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