[Retraites] Les jeunes invisibles entrent dans la lutte contre la réforme
Malgré la forte mobilisation de mardi, le gouvernement ne réagit toujours pas. La JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) appelle une nouvelle fois les jeunes à manifester samedi 16 octobre pour exiger une réforme plus juste et plus équitable. Les jeunes travailleurs, apprentis, ne peuvent pas toujours faire grève au risque de mettre en péril leur emploi, sur un marché du travail déjà pauvre. La JOC prend la parole par la voix de son président, Stéphane Haar, au nom de ces jeunes directement concernés par la réforme mais qui n’ont pas les moyens d’exprimer leur mécontentement.
« L’emballement de la mobilisation des jeunes de ces derniers jours n’a pas empêché les premières victimes de la réforme de rester invisibles. Ils sont pourtant des millions : apprentis, jeunes travailleurs en contrats précaires, ceux en formation professionnelle et tous les autres qui ont commencé à travailler tôt sans faire de longues études. Pour eux, faire grève est synonyme de licenciement ou de fin de contrat. Pour les jeunes de milieux populaires le droit de grève n’existe pas !
Pourtant ils seront les plus touchés par la réforme du gouvernement. Ils devront non seulement travailler plus vieux comme les autres, mais ils devront aussi travailler plus longtemps : jusqu’à 44 ans pour ceux qui auront commencé à travailler à 18 ans.
Le sentiment de révolte qui agite ces jeunes s’explique aussi par la difficulté des métiers qu’ils exercent. Les conditions de travail sont souvent pénibles et usantes. Il n’est pas normal que des jeunes déjà brisés physiquement à 20 ans soient contraints de travailler encore 42 années. La prise en compte des carrières longues, de la pénibilité est incontournable, ce qui rend l’actuelle réforme inacceptable pour les jeunes de milieux populaires.
Ils sont conscients de la réalité du monde du travail, il la vive au quotidien. Pour une partie d’entre eux, le passage dans la vie active est difficile : enchainement de petits boulots, longues période de chômage, instabilité… Pour eux, ce n’est pas 42 années, ni 45 années qu’il va falloir passer sur le marché du travail mais jusqu’à 51 années ! Cette réforme est pour eux une injustice terrible. Les jeunes travailleurs osent se mobiliser au péril de leur emploi pour sauver nos retraites. Mardi ils étaient des dizaines de milliers à défiler, notamment derrière les banderoles de la JOC. Samedi, ils seront encore plus nombreux partout en France ! »
Stéphane HAAR, président national de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.