Retraites : la JOC dénonce une atteinte aux droits des apprentis
Ce n’est pas en réduisant les
droits des apprentis que l’on incitera les jeunes à opter pour cette voie de
formation. Le projet d’arrêté modifiant le calcul des cotisations de Sécurité
sociale des apprentis devrait conduire 30 % d’entre eux à une perte de droits à
la retraite. La JOC regrette cette attitude du gouvernement qui semble en
opposition avec son désir de développer l’apprentissage d’ici 2015.
Le projet d’arrêté prévoirait la
perte de deux trimestres pour 15 % des apprentis et d’un trimestre pour 15 % supplémentaires.
Cette mesure intervient dans un contexte où tout est fait pour inciter les
jeunes à penser qu’ils doivent tout accepter s’ils veulent un jour avoir droit
à la retraite. A l’aube du chantier de la réforme des retraites, il semble
étrange de s’attaquer à un point très particulier alors que la logique voudrait
que le problème soit pris dans sa globalité.
« Je ne suis pas contre le
passage à 35 heures comme base de cotisation mais ce n’est pas une raison pour
prendre des décisions à l’aveuglette et généraliser des situations qui doivent
parfois se gérer au cas par cas. Nous sommes malheureusement nombreux à
travailler plus de 39 heures par semaine, estime Arthur Muller, apprenti et
administrateur national de la JOC. D’ailleurs, en tant qu’apprenti, on ne
connait pas nos droits à la retraite et lorsqu’on tente de se renseigner, on ne
trouve rien ! »
Aujourd’hui l’apprentissage n’est
pas une promenade de santé pour tous les jeunes qui s’y engagent. Conditions de
travail indignes, horaires à rallonge, salaire dérisoire… être apprenti tourne
parfois au calvaire. Il est urgent de protéger leurs droits car la précarité de
leur statut ne leur permet pas toujours d’en demander eux-mêmes le respect.