Alors que le texte de loi sur le travail du dimanche vient d'être adopté par l'Assemblée nationale, trois jeunes donnent leur avis sur la suppression du repos dominical dans certaines zones touristiques et grandes agglomérations.
Yann, 23 ans, informaticien
« Si on supprime le dimanche comme journée universellement chômée, on supprime le seul jour de la semaine où l'on est certain que toute la famille peut se réunir. Même si les parents avaient un autre jour de repos à la place du dimanche, il n'est pas certain qu'ils auraient le même tous les deux, ni que ce serait un jour où les enfants n’ont pas école. Le marché des loisirs risque également de sérieusement en pâtir. S'il n'y a plus de jour de la semaine universellement chômé, quand les groupes d'amis vont-ils aller faire la tournée des bars, des boites de nuits, aller au cinéma ou tout simplement sortir ? De plus, travailler le dimanche n'apportera rien de plus au pouvoir d'achat ou à l'emploi. Je me pose donc la question : qu'a-t-on à y gagner ? »
Sébastien, 26 ans, agent de sécurité
« Travailler le dimanche, c’est un choix car aujourd’hui le boulot ne court pas les rues. En travaillant dans la sécurité, je savais que je travaillerais le dimanche. De nos jours, il faut savoir faire des sacrifices.
Je travaille un dimanche par-ci, par-là, ce n’est pas tous les dimanches. Je compense sur la semaine pour prendre du temps pour moi et mon entourage. »
Christophe, 28 ans, employé dans le commerce
« Je travaille depuis six ans dans une jardinerie qui ouvre 361 jours sur 365. C'est-à-dire tous les dimanches et presque tous les jours fériés. Le personnel est obligé de travailler ces jours-là. Mon entreprise n'est pas dans l'illégalité puisque notre convention collective le permet. C'est mon premier travail et je gagne à peine plus que le Smic. Au début, on n'est pas trop regardant, puis les années passent et on se rend compte que l'on vit dans un monde à part. Il n’y a qu'un seul jour toutes les deux semaines où je suis en congé en même temps que tout le monde. Résultat : je vois de moins en moins mes amis.
Le gouvernement a décidé d'autoriser l'ouverture des commerces le dimanche. Il prétend que le personnel et la clientèle seraient pour. Le volontariat dans l'entreprise est illusoire, tout un système de pressions est mis en place pour dissuader les contrevenants. Que des gens soient contents de travailler le dimanche pour gagner le double, voire même le triple, quand avec leur salaire ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts, ça se comprend. Si ces ouvertures dominicales se généralisent, ce seront des millions de salariés, en majorité des femmes, qui ne verront que très peu leurs enfants. Concernant la clientèle, je pense que l'ouverture sur six jours, jusqu'à 22 h 00, permet raisonnablement à tout le monde de pouvoir effectuer ses achats. Les grandes surfaces sont en pleine opération de lobbying à coup de bons d'achats valables uniquement le dimanche et jours fériés, pour prouver que les gens ont besoin de consommer ces-jours-là. »