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Le travail c'est la santé ? Le dossier du nouveau numéro d'Assez Zoné
Ce mois-ci, le dossier d'Assez Zoné évoque le thème de la souffrance au travail. Ces dernières semaines, les suicides à France Télécom ont réanimé un débat qui n'est pourtant pas nouveau. Qu'est-ce qui pousse un salarié au suicide, à la dépression ? L'organisation du travail ne cesse d'être bouleversée depuis le début des années 90 et entraîne dans certaines entreprises des cadences impossibles à suivre pour les salariés. Elles jouent sur les conditions de travail et isolent les salariés qui ne trouvent plus d'issues. Pour aller plus loin, des témoignages de jeunes seront publiés cette semaine, ainsi que l'interview de Jean-Yves Dubré, consultant en médecine du travail à l'hôpital d'Angers. Pascaline, Priscilia, Jean-Philippe, Mathieu et les autres, nous livrent leurs expériences dans un monde du travail parfois cruel. Ils pointent des conditions et une organisation pleine de dysfonctionnements. Des situations injustes où ils ont été exposés à des formes de stress, de pression ou de harcèlement. Lorsque le travail ne permet tout simplement pas au salarié de s'épanouir.
« Tu tiens au moral, tu penses aux sous» . Pascaline, 20 ans.
« J'ai bossé deux mois dans une usine en CDD pour l'été. Sommeil difficile étant donné les horaires (0h30-8h30). Pendant ces deux mois, j'ai dormi toute la journée, je n'ai vu personne, je vivais en décalage, je n'ai pas eu un seul repas de midi, j'ai mangé n'importe quoi. Ils peuvent te changer les horaires au dernier moment, à 4h du matin, du coup, tu ne sais plus comment tu dors. Le travail est abrutissant, il y a trop de bruit, tu ne peux pas parler, tu tiens au moral, tu penses aux sous. C'est un autre monde, quand je pense aux mères de famille qui rentrent chez elles sans avoir dormi pour lever et s'occuper de leurs enfants avant de les emmener chez la nourrice pour dormir enfin ! Le week-end, je suis tellement crevée que je dors, de toute façon mes amis ne sont pas par ici, et prendre la voiture pour aller les voir me semble insurmontable tellement je suis crevée. La vie d'usine, c'est tout de même une bonne expérience, tu vois la vie autrement et tu as très envie de retourner à l'école, ne pas finir comme eux.» Le débat est ouvert. Réagissez sur le forum si vous avez vécu ou vivez des expériences difficiles au travail, ou si vous avez tout simplement envie d'en discuter !
Témoignages publiés : Jean-Philippe, 26 ans, «Tant qu'ils ne feront pas d'effort pour mon salaire, je ne ferai pas d'effort pour mon boulot»Anonyme, 24 ans, «Je n'avais aucune connaissance des droits du travail»Priscilia 21 ans et Mathieu, 27 ans
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