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Ils sont allés à la rencontre des migrants
David, Jacky, Jérémy et Olivier, quatre
jeunes de la JOC de la Meuse, sont allés à la rencontre des migrants de Calais
cet été. Le 14 novembre dernier, ils ont participé à un forum intitulé
« Osons la solidarité internationale ». L’occasion pour eux, de
rappeler à travers cette expérience qu’on peut vivre une solidarité
internationale tout en restant en France :
« Une expérience incroyable : aider des migrants à oublier leurs
galères, leurs doutes et leurs peurs du quotidien, tout en jouant avec eux. K-Way,
baskets et sac à dos, nous sommes partis au mois d'août 2009 en train…
Direction Calais. Notre mission, le matin, était de distribuer du thé et du
lait "au camp des africains". Ce camp est constitué de maisons
délabrées, qui sont squattées, abandonnées de tous et qui n'ont ni eau ni
électricité. A l'arrière de ces maisons on peut voir des montagnes de déchets
et de vieux vêtements.
L'après
midi, nous distribuions du thé "au camp des iraniens", un terrain
vague en face du "camp des africains", sans aucun baraquement à
l'horizon.
Nous avons partagé des moments forts
avec les migrants, autour d'un foot
improvisé, d'une partie de volley, en expliquant les règles du jeu de la
pétanque. Avec les migrants, une confiance s'est installée peu à peu, et une
amitié s'est ouverte à nous. Par de petites discussions autour d'un jeu de
carte nous avons recueilli quelques témoignages.
Un
jeune irakien a parcouru prés de 300 kilomètres en France, accroché à un essieu
de camion. Un autre jeune d'une dizaine d'années, iranien, s'est blessé le
talon en essayant de passer en Angleterre sous la remorque d'un camion. En lâchant
prise après plusieurs kilomètres, il est tombé et s’est cassé le talon. C'était
son troisième essai pour l'Angleterre… Un afghan d'une quarantaine d'années, un
professeur interprète, qui parle 6 langues, s'est fait agressé au couteau dans
la jungle. Sur le moment, il ne s'est pas défendu car il a pensé tout d'abord à
sa famille restée au pays. Il est marié et père de deux enfants et ne voulait
pas mourir pour quelques euros. Il pense repartir dans sa famille après cet
acte de violence.
Témoins d'une
tentative de passage : à un camion
arrêté à un stop, deux jeunes, sans passeur, essayent de monter dans la
remorque. Le passage échoue sous nos yeux, le chauffeur poursuit les deux
jeunes avec une barre de fer, sans les rattraper.
Chaque jour nous utilisions une camionnette du
Secours catholique pour emmener les
migrants à la PASS (Permanence d'Accès aux Soins et de Santé) pour ceux qui
nécessitent des soins suite à des fractures, à des maladies.
Pendant
notre séjour à Calais, nous avons assisté à la mise en place d'un plan
d'éradication contre la gale, dirigée par la sous-préfecture et la protection
civile. A côté de la PASS, une grande tente a été installée, dans laquelle les
migrants pouvaient prendre des douches. La semaine qui suivi notre passage, ce
sont les douches du local du Secours catholique, où nous étions hébergés, qui
étaient réquisitionnées.
L'expérience que nous avons vécue
pendant une semaine a été très
enrichissante. Elle a permis de mieux se connaître soi même et de renforcer des
liens d'amitié. Partager des journées autour de jeux avec des migrants est un
petit geste du quotidien mais un grand boom dans le cœur de chacun. »
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