Le nouveau numéro d’Assez Zoné vient de
sortir ! Au sommaire du magazine, un dossier sur la crise, des apprentis racontent
leur action pour valoriser les filières professionnelles, le portrait de Pauline, une instit qui a
démissionné de l’éducation nationale pour se tourner vers l’éducation populaire…
En attendant, l’édito de Stéphane Haar, président de la JOC.
Ce n'est pas notre crise !
Les grandes entreprises
françaises devraient distribuer à leurs actionnaires environ 40milliards
d'euros en 2011. Plus encore qu'en 2007, avant la crise. Voilà la première
phrase d’un article du quotidien Le Figaro paru en février dernier. Contrairement
à ce que l’on voudrait nous faire croire, ce n’est donc pas la crise pour tout
le monde. Alors d’accord, l’état français est endetté. Les économistes et les médias
ne cessent d’affirmer que notre pays vit au-dessus de ses moyens. Mais ce n’est
pas les dépenses le problème. Nos services publics (écoles, hôpitaux,
allocations…) ne coûtent pas trop cher. Par contre nos dirigeants politiques
n’ont cessé de baisser les impôts des plus riches à l’aide d’exonérations de charges,
de bouclier fiscal et de crédits d’impôts. Ce sont ces milliards qui manquent
aujourd’hui dans les caisses de l’état.
Les ménages aussi sont en difficulté car avec des prix de plus en plus
hauts et des salaires qui ne bougent pas, il est facile de tomber dans la spirale
du surendettement. Quant à nous, les jeunes, nous sommes de plus en plus
obligés d’emprunter pour financer nos études, acheter une voiture ou prendre
notre autonomie. Donc, tout le monde est endetté ? Non ! Ces dettes des états,
des ménages et des jeunes servent à enrichir une minorité de privilégiés qui
possèdent des sommes vertigineuses. Ces rentiers, actionnaires et financiers
s’emparent des richesses qui pourraient être utiles à toute la société si elles
étaient mieux réparties.
Dans la Bible, Jacques, le frère de Jésus interpelle les riches en leur
disant : « Voyez le salaire des ouvriers, retenu par vous, il crie et les
clameurs des travailleurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur. Alors, vous
les riches, pleurez à grand bruit sur les malheurs qui vous attendent ! ». Oui,
de grands malheurs les attendent car ce n’est ni à l’état de diminuer ses
dépenses, ni aux ménages d’accepter une baisse des salaires, ni aux jeunes de
se serrer la ceinture. C’est aux riches de payer car leur richesse est née de
la misère, du chômage et de la précarité dont ils sont les responsables. C’est
à nous tous, par nos actions collectives aussi petites soient-elles de refuser
cette volonté de culpabiliser ceux qui souffrent le plus de la crise !
Stéphane HAAR.